Tunis, 09/07/2001 (Agence Europe) - Depuis Tunis où ils ont rencontré plusieurs militants des droits de l'homme et de la démocratie, le socialiste français Harlem Désir et le radical belge élu en Italie Olivier Dupuis ont fait la déclaration suivante: "Les circonstances entourant les incarcérations de Sihem Bensedrine (porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie arrêtée après avoir dénoncé la corruption dans son pays: NDLR) et Mohamed Moadda (président du mouvement des démocrates socialistes: NDLR), comme la décision de la Cour dans l'affaire Mazourki (le pédiatre de renommée internationale Moncef Mazourki, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme a été condamné le 30 décembre 2000 à huit mois de prison ferme pour appartenance à une association illégale: NDLR) ne sont que les derniers épisodes de la mascarade judiciaire que le régime tunisien utilise pour tenter d'étouffer la voix de ceux qui luttent pour la démocratie". Dans ce contexte, les deux députés européens dénoncent "la désertion de l'Union européenne" et son "manque d'empressement à considérer l'article 2 (respect des principes démocratiques) de l'accord d'association UE/Tunisie, comme autre chose qu'une clause de style".
MM. Désir et Dupuis demandent à la Présidence belge d'intervenir avec la plus grande fermeté auprès des autorités tunisiennes pour que cessent toutes les mesures de harcèlement à l'égard des militants de la démocratie. Ils demandent aussi à la Commission d'exiger la convocation de toute urgence d'une réunion du Conseil d'association, avec inscription à l'ordre du jour de l'application de l'article 2 et des questions liées à la liberté d'opinion, d'association, de presse ainsi que l'indépendance du pouvoir judiciaire. Lors de leur déplacement à Tunis, les 6 et 7 juillet, MM. Dupuis et Désir ont été éconduits alors qu'ils tentaient, avec des avocats et des membres des familles, de visiter deux des prisonniers d'opinion dans leurs prisons.