Bruxelles, 09/07/2001 (Agence Europe) - Le Conseil informel Social des 6 et 7 juillet à Liège a permis d'avoir "une première réflexion" sur les indicateurs de la qualité de l'emploi, de préparer le "Sommet Social" du 13 décembre, d'avoir un premier "vrai" débat sur l'avenir des pensions et de souligner l'intérêt de développer un système européen de médiation sociale, un sujet qui tient particulièrement à coeur à Laurette Onkelinx, qui co-présidait la session avec son collègue Frank Vandebroucke, en présence des représentants des partenaires sociaux européens pour la Troïka du vendredi après-midi. La Commissaire Anna Diamantopoulou a participé à une partie des travaux, et Michel Rocard, président de la commission des Affaires sociales du Parlement européen, à toute la réunion. Parmi les nombreux ministres absents, Elisabeth Guigou (qui avait apporté "son soutien aux préoccupations de la Présidence belge en faveur d'une Europe plus sociale").
"Le débat a été très riche et très enrichissant", a déclaré la présidente Laurette Onkelinx samedi à l'issue des travaux, en évoquant les thèmes suivants:
1. Médiation sociale européenne: l'idée de créer au niveau européen un corps de médiateurs sociaux, indépendants, choisis volontairement par les employeurs et les représentants des salariés afin de faciliter le dialogue social en cas de restructurations et de conflits au sein de grandes entreprises européennes, a reçu l'assentiment de toutes les parties, y compris de la Commissaire Anna Diamantopoulou mais nécessite encore un examen approfondi. Appui également de la part de Michel Rocard, qui a souligné que le médiateur social européen doit jouer un rôle de "médiation et non d'arbitrage". Mme Onkelinx ira à présent dans chacune des capitales de l'UE pour concrétiser cette idée.
2. Qualité de l'emploi: la Présidence a obtenu "mandat pour avancer de manière très concrète dans la définition d'un ensemble d'indicateurs permettant d'évaluer régulièrement les progrès réalisés par les Etats membres et pour tenter d'aboutir d'ici le Sommet de Laeken". Toutes les délégations se sont félicitées de la communication de la Commission (voir EUROPE du 21 juin, p.11) et Mme Onkelinx a précisé que tout le monde était d'accord de ne pas ajouter de nouveau processus à ceux qui existent déjà. La notion de qualité de l'emploi sera donc intégrée dans les processus existants et elle doit être présente dans les lignes directrices pour 2002", a-t-elle dit. Les délégations ont aussi insisté sur la comparabilité des indicateurs et la fiabilité des statistiques, et elles ont proposé de faire un rapport de synthèse pour le Sommet du printemps. Mme Onkelinx a aussi affirmé que la déclaration de Laeken doit "faire apparaître clairement le rôle du dialogue social européen dans la nouvelle organisation institutionnelle de l'Europe".
En ce qui concerne l'avenir des retraites et des pensions, "les Quinze ont débattu avec prudence, pour la première fois au niveau européen", de ce sujet sensible", a commenté Frank Vandenbroucke. Suite au mandat de Göteborg, le Conseil devrait, selon la "méthode ouverte de coordination" et sur la base d'un rapport conjoint du Comité de la Protection sociale et du Comité de Politique économique, établir pour le Sommet de Laeken un rapport sur l'état d'avancement des travaux et pour le Sommet du printemps 2002 un premier vrai rapport contenant des orientations en matière de soins de santé et de soins pour les personnes âgées. Un projet de calendrier qualifié "d'ambitieux" mais qui a suscité une mise en garde de la part des Etats membres qui appellent à "ne pas brûler les étapes, à faire du bon travail sur les objectifs communs et sur les indicateurs". Ce qui a suscité le commentaire suivant du ministre belge: " un calendrier peut être utile pour mieux structurer les débats..." . Enfin, M. Vandenbroucke a noté que les "Etats membres considèrent que les systèmes de retraite restent de leur stricte compétence nationale, le principe de subsidiarité devant jouer à plein" et qu'"ils n'ont pas l'ambition d'harmoniser les systèmes de retraite , qui varient largement de pays à pays et qui sont financés de manière différente".