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Bulletin Quotidien Europe N° 8002
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) acp/ue

La société civile ACP définit un plan d'action sur sa participation à la mise en oeuvre de l'accord de cotonou - le conseil developpement en sera saisi le 8 novembre

Bruxelles, 09/07/2001 (Agence Europe) - La conférence internationale sur la participation de la société civile à la mise en œuvre de l'accord de Cotonou liant l'Union européenne aux 77 pays ACP (voir EUROPE du 6 juillet, p. 10) s'est achevée samedi sur un succès. Les 200 participants ont consigné le fruit de leur réflexion dans une déclaration formulant les recommandations de la société civile ACP et un plan d'action jetant les bases d'un recours effectif au droit de participation conféré pour la première fois aux acteurs non gouvernementaux par l'accord de partenariat ACP/UE. Ces recommandations et ce plan seront soumis jeudi prochain au Comité des ambassadeurs puis au Conseil Développement le 8 novembre prochain. Le plan s'articule autour de quatre objectifs: le dialogue (sur la programmation nationale et sous-régionale, les négociations commerciales, la coopération décentralisée, la coopération politique et la coopération financière), l'établissement ou le renforcement de la société civile et de ses capacités aux niveaux national, sous-régional et global, le suivi et l'évaluation de la mise en œuvre de l'Accord de Cotonou et du plan d'action. La société civile ACP entend veiller à ce que la libéralisation et la déréglementation des économies ACP préconisée par l'accord de Cotonou ne fasse pas obstacle à l'objectif d'éradication de la pauvreté, insiste sur la mise en place des capacités lui permettant de participer à la mise en œuvre, au suivi et à l'évaluation de l'Accord et sur la nécessité impérieuse, pour chaque Etat ACP, d'avoir une société civile structurée, démocratiquement organisée, responsable et transparente. Le plan demande l'établissement d'une présence permanente de la société civile ACP au niveau global et l'octroi des ressources financières pour ce faire et demande aux gouvernements et au secrétariat ACP et à la Commission européenne de mettre en place un panel indépendant des acteurs non étatiques afin d'évaluer les divers impacts de l'accord de Cotonou sur les pays ACP.

Devant la presse, Eddy Boutmans, Secrétaire d'Etat belge au Développement, a souligné lundi que la mise en oeuvre des dispositions de l'Accord concernant l'implication de la société civile constituait une des priorités de la Présidence du Conseil. « Ce genre d'initiative conjointe entre une présidence européenne et le secrétariat général ACP n'avait jamais été prise auparavant. Il s'agit donc d'une première (…). Ce type d'organisation conjointe peut contribuer à une meilleure compréhension (…) et, par là, contribuer positivement au dialogue politique (…) qui est également une des innovations de l'accord de Cotonou », a-t-il déclaré.

A l'ouverture de la conférence, Poul Nielson, Commissaire au Développement, a noté que l'innovation introduite par l'accord de Cotonou résulte de l'émergence de nouvelles formes de démocratie participative. « Au sein de la Commission, nous prenons cette nouvelle approche participative au sérieux », a-t-il déclaré, estimant que sa réussite « dépend d'une compréhension commune des rôles des différents acteurs ». Il convient, selon lui, de construire à partir des structures locales existantes, ne pas travailler dans l'isolement, mais en coordination avec d'autres donateurs, compter sur des ONG qui ne soient pas « des organisations non gérables », utiliser au mieux l'expérience européenne sans l'imposer comme modèle, mais « comme une bonne source de valeurs démocratiques », renforcer l'alliance entre les ONG de l'UE et des ACP. La Commission étudiera les conséquences d'un partenariat impliquant plusieurs acteurs, et « nous apprendrons sur le terrain, au fur et à mesure », a-t-il ajouté.

L'ambassadeur de la Namibie (représentant le président du Conseil ACP) a souligné l'importance d'une institutionnalisation du dialogue avec la société civile, à l'instar de ce qui s'est fait pour le dialogue social. «Le défi est de trouver les moyens concrets pour que les gouvernements et la société civile travaillent main dans la main au service des populations, a-t-il déclaré en précisant que « la société civile ne doit pas être un tremplin pour politiciens ratés semant la division contre les gouvernements ». Le dialogue avec la société civile devrait, selon lui, aider à la formulation des politiques, l'Etat restant « l'autorité suprême dans la définition des politiques et stratégies de développement ». Serge Clair, coprésident ACP de l'Assemblée parlementaire paritaire, a mis en garde contre la prolifération d'institutions et a plaidé pour une approche par étapes, « pour ne pas susciter d'attentes irréalistes ».

M. Lutero, secrétaire général adjoint du groupe ACP, a déclaré: "le rôle de société civile ACP dans l'accord de Cotonou est très clair. Nous voulions davantage de consultations", et «la société civile doit décider elle-même, pour elle-même, de la manière dont elle entend s'organiser et se structurer au mieux ». Le rôle du Secrétariat ACP, a-t-il dit, serait de faciliter la participation efficace de la société civile à la coopération ACP/UE.

M. Senitouli, représentant de l'ONG Tonga Human Rights and Democracy, s'est félicité de l'engagement pris par la Présidence belge d'assurer le suivi du plan d'action, mais a exprimé la déception de la société civile ACP qu'aucun engagement n'ait été pris concernant les ressources financières nécessaires à la mise en oeuvre du plan. A l'adresse de la société civile ACP, il a déclaré: «Nous devons maintenant poursuivre le dialogue dans nos propres pays et régions ».

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