Strasbourg, 06/07/2001 (Agence Europe) - En adoptant, lors de son débat d'urgence de jeudi, une résolution sur la peine de mort, le Parlement européen apporte son soutien à l'appel de Strasbourg du 22 juin dernier en faveur de l'abolition de la peine capitale et d'un moratoire universel immédiat sur les exécutions. Il condamne une fois encore l'application de la peine de mort qui reste maintenue dans 87 pays. Le Parlement propose l'instauration d'une «Journée européenne contre la peine de mort» et engage la Présidence belge du Conseil à présenter à nouveau et, cette fois, à mettre aux voix, à la réunion de l'Assemblée générale des Nations unies de septembre prochain, une résolution sur l'abolition de la peine de mort et à entreprendre toutes les démarches nécessaires pour en obtenir l'adoption. Le Parlement déplore la reprise des exécutions au titre de la loi fédérale aux Etats-Unis, après un moratoire de fait de 38 ans, et appelle les Etats-Unis à suspendre toute nouvelle exécution et à respecter l'interdiction de la peine capitale, telle qu'elle figure dans plusieurs textes internationaux, pour les accusés mineurs et les handicapés mentaux. La Fédération de Russie, la Turquie et l'Arménie sont invités à s'acquitter de leurs obligations de membres du Conseil de l'Europe. Le Parlement se déclare profondément préoccupé par le recours massif, dans la République populaire de Chine, aux exécutions pour des crimes de droit commun et dans des cas de dissidence idéologique et religieuse, exécutions supposées constituer un instrument de contrôle social, et par le caractère inhumain et secret des exécutions par pendaison au Japon. Le Parlement demande aussi à la Commission de considérer l'abolition de la peine de mort et le moratoire universel sur les exécutions capitales comme un élément essentiel des relations de l'UE avec les pays tiers et de tenir compte de cette question lors de la conclusion d'accords avec ces pays.