Bruxelles, 29/06/2001 (Agence Europe) - Le ton est monté d'un cran dans le différend euro-coréen sur les chantiers navals, après l'échec des pourparlers qui se sont tenus à Bruxelles en début de semaine (EUROPE du 28 juin, p.10). Séoul rejette la faute sur l'Union. L'industrie européenne campe ferme sur les échéances et attend la décision de porter plainte à l'OMC, le 2 juillet prochain. L'Union se voit reprocher d'avoir des "exigences déraisonnables" pour régler le différend à l'amiable, dans un communiqué du ministre sud-coréen de l'Economie diffusé jeudi. L'Association des chantiers navals du pays s'en prend quant à elle aux négociateurs européens qui n'auraient consenti aucun "effort sérieux" pour trouver un terrain d'entente. La KSA "craint que les demandes non fondées et contradictoires de la Commission rendent un accord impossible".
"Il est plus que temps de trouver l'une ou l'autre solution", rétorque le porte-parole de l'industrie européenne, ce vendredi, en disant "attendre qu'une décision de porter l'affaire devant l'OMC" soit prise mardi prochain par la Commission. "Tout délai supplémentaire serait inacceptable", insiste le Comité des Associations des chantiers navals européens (CESA)", qui note que l'arrangement bilatéral de juin 2000 "n'a eu aucun impact sur le marché". Le CESA précise que la Commission cherche à obtenir de Séoul l'assurance que les chantiers coréens ne pratiquent pas des prix inférieurs au coût de la construction des bateaux. Elle lui a proposé, pour le garantir, d'adopter un mécanisme fondé sur un "modèle de coût" pour calculer les prix normaux et de l'appliquer à tous les projets. Séoul a refusé, en se proposant à la place de procéder à une simple majoration de prix de l'ordre de 5% sur certaines catégories de bateaux "qui ne présentent qu'un intérêt marginal pour les chantiers coréens". Durant les pourparlers, poursuit le CESA, "la Corée du Sud a refusé d'inclure d'autres types de bateaux qui présentent un intérêt pour les chantiers européens, en particulier les grands conteneurs, LNG et LPG, sur lesquels les chantiers européens peuvent être très compétitifs dans des conditions équitables". Il lui semble dès lors "inévitable de porter cette affaire devant l'OMC, à moins que la République de Corée ne reconsidère sa position dans les prochains jours".