Bruxelles, 21/06/2001 (Agence Europe) - Le vice-premier ministre turc Mesut Yilmaz a exposé mercredi à la commission des affaires étrangères du Parlement européen le programme national de son gouvernement pour l'adoption de l'acquis communautaire et son programme de réformes économiques, indique un communiqué du Parlement. A propos de la liberté d'expression, M. Yilmaz a remarqué qu'en Turquie il y a actuellement environ 400 chaînes de télévision privées, et que 80% parmi elles sont opposées au gouvernement... Pendant le débat, Alain Lamassoure (UDF, français), rapporteur sur la Turquie, a regretté que ce programme ne comporte pas de calendrier sur la modification de la constitution et le respect des droits de l'homme, alors que le Vert allemand Daniel Cohn-Bendit, président de la Délégation du PE pour les relations avec la Grande Assemblée turque, a déploré les exceptions dans les dispositions sur l'abolition de la peine de mort (M. Yilmaz a noté qu'elle serait maintenue pour faits de guerre et actes terroristes, mais que la Turquie a déjà fait un grand pas en avant). Nos critiques se veulent constructives, a noté pour sa part l'élu de la CDU Elmar Brok, président de la commission des affaires étrangères.
Quant à Chypre, le rapporteur Jacques Poos, socialiste luxembourgeois, a rejeté les reproches de partialité qui lui sont faits (voir EUROPE du 20 juin, p.3, et aussi plus loin), et M. Cohn-Bendit a demandé à M. Yilmaz si la Turquie entendait faire pression sur le leader chypriote turc Rauf Denktash pour le ramener à la table des négociations. La partie chypriote turque a fait les propositions les plus complètes pour une solution de la question de Chypre, et la Turquie l'appuie, a dit M. Yilmaz, en répétant que le processus d'adhésion à l'UE ne facilite pas le règlement du conflit. La Turquie est intervenue à Chypre "pour protéger nos concitoyens", et, "que le monde le reconnaisse ou non, il y a un Etat turc au Nord de Chypre", a-t-il ajouté.