Dublin, 21/06/2001 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé jeudi de maintenir inchangés ses taux, décision attendue en raison des poussées inflationnistes récentes qui limitent sa marge de manœuvre (voir EUROPE du 16 juin, p.15, et des 18/19 juin, p.15). Cette décision a cependant déçu ceux qui demandaient un assouplissement monétaire pour soutenir l'activité économique en Europe. Le taux principal de refinancement bancaire de la zone euro reste ainsi à 4,50% (après la baisse de 25 points de base décidée le 10 mai) et les taux plancher et plafond qui l'encadrent demeurent respectivement à 3,50% et 5,50%.
Commentant cette décision, prise lors d'une des réunions qui se déroulent régulièrement en dehors du siège de la BCE à Francfort, le président de la Banque, Wim Duisenberg a répété que son institution juge l'inflation comme un phénomène « temporaire », et qu'elle n'est pas préoccupée par les éventuelles répercussions de la faiblesse de l'euro sur les prix. La BCE prévoit d'ailleurs un retour de l'inflation de la zone euro « sous l'objectif des 2% dès 2002 ». Il a néanmoins appelé les gouvernements de la zone euro à tout faire pour veiller à la stabilité des prix, « en particulier en ce qui concerne la masse monétaire, la croissance du PIB, l'évolution des prix et celle des taux d'intérêt ». En ce qui concerne la politique monétaire suivie par la BCE, M. Duisenberg a souligné qu'« il est évident que le Conseil des gouverneurs peut seulement poursuivre un objectif, le maintien de la stabilité des prix dans la zone euro ». Pour ce faire, il doit adopter une perspective couvrant toute la zone euro lorsqu'il évalue les conditions économiques et les prévisions concernant la stabilité des prix », a-t-il dit. Une politique monétaire commune pour un groupe de 12 pays n'implique pas nécessairement les mêmes développements économiques dans tous ces pays, a-t-il estimé, appelant au passage les Etats membres à faire preuve de modération salariale.