Bruxelles, 21/06/2001 (Agence Europe) - Lors de la présentation devant la presse, jeudi, des priorités de la future Présidence belge en matière économique et financière, le ministre belge des Finances Didier Reynders a indiqué qu'elle voulait au plus haut point réussir le passage à l'euro, notamment grâce à des actions de communication portant sur « les raisons d'être de la monnaie unique, l'apprentissage de la nouvelle échelle des valeurs, la préparation au basculement et les modalités de l'échange de la monnaie fiduciaire ». Les dates-clés de ces campagnes d'information, qui seront organisées en étroite coordination entre la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et les Etats membres, sont les suivantes: - présentation des moyens de paiement fiduciaire, y compris la pré-alimentation des professionnels lors du Conseil Ecofin informel (Liège, du 21 au 23 septembre) ; - pré-alimentation des particuliers en pièces de monnaie au cours du Sommet de Laeken (14 et 15 décembre) ; - début de la distribution des billets à la fin de la Présidence belge (31 décembre 2001). Il n'y a aura normalement pas de pré-alimentation de l'euro en billets avant le 1er janvier 2002, a-t-il regretté, tout en souhaitant pouvoir parvenir à introduire des petites coupures lors des tests préparatoires des distributeurs de billets.
Outre la coordination des politiques économiques, y compris en matière structurelle (amélioration du suivi des politiques budgétaires des pays, renforcement du potentiel de croissance sous l'angle des investissements industriels, du rôle du capital à risque et de l'augmentation du taux d'emploi, examen de l'impact du vieillissement sur les soins de santé), la Belgique compte relancer le débat sur le financement direct, par voie fiscale, d'une partie du budget communautaire, mais « sans accroissement de la pression fiscale globale ». M. Reynders a expliqué qu'il entendait notamment explorer la piste d'un impôt européen prélevé sur les nouvelles fiscalités (énergie et société européenne). Sur la fiscalité de l'énergie, il a annoncé son intention de poursuivre les travaux menés par la Présidence suédoise en liant l'examen de ce dossier à l'ouverture des marchés de l'énergie. Parmi les priorités en matière de fiscalité directe figure aussi l'accord sur les composantes du paquet fiscal. M. Reynders n'a pas exclu la possibilité de conclure un accord à moins de quinze Etats membres, pourquoi pas, a-t-il dit, en recourant à la « coopération renforcée ».
La création d'un marché intégré des services financiers est le dernier axe majeur des priorités de la Présidence belge, avec la réussite du passage à l'euro et la coordination approfondie des politiques économiques. L'ambition de la future présidence est de « franchir un seuil critique » dans la mise en œuvre du plan d'action sur les services financiers qui doit aboutir à la création d'un marché européen intégré des services financiers au plus tard en 2005. Il s'agira notamment d'avancer dans l'examen des propositions de directive sur les prospectus, sur le contrôle prudentiel des conglomérats financiers et sur les opérations d'initiés et les manipulations de marché, et de la proposition de règlement relatif à l'application des normes comptables internationales. Ces différentes propositions pourraient être « fédérées autour de l'idée de mise sur pied d'un véritable statut de société européenne », a-t-il estimé.