Bruxelles, 27/04/2001 (Agence Europe) - Comment, à Traité égal, peut-on améliorer le fonctionnement de l'Union européenne et de ses Institutions pour qu'elles soient plus à même à travailler aux grands enjeux prioritaires pour les citoyens? Telle est pour Jérôme Vignon, qui dirige la task-force sur le Livre blanc de la Commission européenne sur la gouvernance, la principale question à laquelle ce document, prévu pour cet été, devra essayer de répondre. A l'occasion de la conférence "Rapprocher l'Europe des citoyens", organisée mardi à Bruxelles par les deux associations de collectivités locales et régionales suédoises, en collaboration avec le Parlement européen et le Conseil des communes et régions d'Europe, Jérôme Vignon a souligné les quelques "grandes particularités du système européen et communautaire dont il faut tenir compte" pour cet exercice: 1) "l'intérêt général": qui "n'existe pas a priori" et qu'il faut chercher parmi de très nombreux intérêts. M. Vignon a noté qu'"il en résulte une masse de connaissances, positions.. préalables à une décision sans doute inégalée", entre experts, comités consultatifs… "Ce foisonnement d'avis n'est pas toujours très clair, le processus devrait être plus démocratique", a-t-il dit; 2) la distance: "l'Europe est de toute façon loin des citoyens, il faut gérer cette distance, d'où l'importance des tâches exécutives, puisque le législatif est à un niveau éloigné"; 3) la sectorialisation: "l'UE y est plus sujette qu'un gouvernement national, parce qu'il n'y a pas de gouvernement européen qui fasse la synthèse; bien sûr, la Commission est collégiale, mais pas le Conseil ni le PE"; 4) la coopération: comme les compétences de l'Union sont limitées, "elle ne peut atteindre tous ses objectifs par la loi communautaire", et doit donc s'attacher à une bonne coopération entre administrations, gouvernements, partenaires sociaux, régions…
Le Représentant permanent de la Suède auprès de l'Union européenne, Gunnar Lund, a insisté pour sa part sur le rôle des régions, qui devrait, selon lui, être développé, sachant toutefois que "chaque Etat doit définir lui-même sa propre répartition". Par ailleurs, pour l'ambassadeur suédois, l'UE "doit développer le dialogue avec les citoyens par l'intermédiaire des élus, proches des citoyens". Gunnar Lund a aussi souligné que le débat sur la bonne gouvernance européenne est "une question difficile, qui prête à controverse", notamment parce qu'elle peut risquer d'amener "à une situation explosive sur le rôle des Etats eux-mêmes". L'ambassadeur a aussi averti qu'il ne faut pas que ce débat sur la gouvernance et l'avenir de l'Europe prenne le pas sur ce qui est pour lui l'essentiel, à savoir la réalisation des politiques que l'UE a lancées ces dernières années (euro, élargissement…).
Pour Sylvia Kaufmann (élue du PDS allemand, Gauche unitaire), rapportrice du Parlement européen sur la gouvernance, la réflexion sur la gouvernance "ne doit pas rester un projet de la Commission mais devenir un projet de tous les différents niveaux de l'Union européenne". Parmi les orientations qu'elle souhaiterait donner à cet exercice, elle a cité la Charte des droits fondamentaux, "qui devrait être contraignante", le "renforcement du rôle des Parlements, dont le PE", la "subsidiarité et la répartition des compétences", et l'accroissement de l'influence des régions.