Bruxelles, 27/04/2001 (Agence Europe) - La création d'un véritable marché européen de la défense, la progression du projet de système satellites Galileo ou l'adoption du 6ème programme cadre de recherche seront les principales priorités européennes du groupe EADS (European Aeronautic Defensce and Space Company), qui a inauguré cette semaine son bureau à Bruxelles. Né en juillet 2000 de la fusion du français Aérospatiale Matra, l'Allemand DaimlerChrysler Aerospace et l'Espagnol Casa, le géant européen de l'aérospatial compte continuer à soutenir les progrès de l'intégration européenne, car "nous pensons que l'action communautaire permet entre autres la mise en place d'un cadre qui évite les duplications réglementaires inutiles et facilite les synergies", a déclaré le co-président français d'EADS, Philippe Camus. "L'intégration au sein de l'UE est pour nous la seule manière concrète de faire face à la concurrence internationale", a-t-il ajouté.
En matière de défense, EADS "salue le nouvel élan vers une réforme de la politique de défense", que constitue la perspective de mettre sur pied une force d'action rapide de l'UE et le nouveau Concept stratégique de l'OTAN, a déclaré Philippe Camus. Toutefois, a-t-il poursuivi, "nous pensons qu'il faut s'attaquer plus rapidement à l'écart technologique et de ressources entre les deux rives de l'Atlantique, sans fausses attentes et avec une détermination renouvelée". Pour l'avenir, l'Europe a besoin d'un véritable marché de la défense et d'un système d'appel d'offres transnational. "L'Europe a besoin d'un armement transnational et conjoint, pour lequel des critères et procédures doivent être définis en commun par les autorités nationales", a assuré le co-président d'EADS en citant les cas de commande de dimension européenne comme l'Eurofighter, le NH90, ou l'avion de transport de troupes A 400 M, qui demeurent pourtant "l'exception".
EADS s'est déjà engagé par le biais de sa filiale Astrium à participer au financement du projet de système européen de positionnement par satellite, Galileo, qui concurrencera le GPS américain. "Notre groupe est encouragé par la résolution adoptée lors du dernier Conseil Transports le 5 avril", a déclaré le co-président allemand du groupe, Rainer Hertrich. En avril dernier, le Conseil avait adopté une résolution donnant son feu vert pour le lancement de la phase de développement de Galileo, tout en liant sa décision à l'engagement du secteur privé (voir EUROPE du 6 avril p. 7). "Il semble que le programme Galileo a désormais d'excellentes chances d'entrer pleinement dans sa phase de développement avant la fin de l'année et que l'on pourra arriver au déploiement complet du système à la date fixée de 2008", a estimé Rainer Hertrich. "Avec Astrium, nous comptons maintenir notre coopération fructueuse avec les services des Commissaires de Palacio et Busquin", a-t-il précisé. "Le problème sera de trouver une structure permettant d'équilibrer les comptes, entre les services payants qui rentabiliseront le système et les services gratuits, justifiant un nouveau système face au GPS qui est gratuit", note toutefois un dirigeant du groupe. "Je serai étonné que le système soit utilisé uniquement par les civils, puisque rien n'empêchera les militaires de demander des signaux", note la même source.
La création de l'Agence européenne de la sécurité aérienne apparaît également en tête des priorités d'EADS. "EADS et Airbus mènent un lobbying intensif afin que l'Agence de la sécurité aérienne soit établie rapidement. Nous bénéficions du soutien de la Commission et du Parlement européen, malgré les réticences de certains Etats membres", a déclaré Rainer Hertrich. "Il est important que l'Agence soit opérationnelle au moment où le certificat du gros porteur européen, l'A380, devra être délivré", souligne le directeur du bureau européen d'EADS, Michel Troubetzkoy.
En matière de recherche, a remarqué Rainer Hertrich, il est fondamental de "traduire en actions concrètes, avec des ressources adaptées", les visions développées par le document de prospectives "L'Europe de l'aéronautique: une vision pour 2020" présenté en janvier dernier par le Commissaire Philippe Busquin (voir EUROPE des 29/30 janvier, p. 10). EADS, Astrium, Airbus et Eurocopter plaident pour un budget plus conséquent dans le 6ème programme cadre de recherche. Le 5ème programme était doté de 700 millions d'euros pour l'aéronautique au sens large, et le projet de 6ème programme présenté par la Commission prévoit 1 milliard pour l'aéronautique et l'espace, alors que EADS souhaiterait 1 milliard pour l'aéronautique seule et quelque 200 à 300 millions pour l'espace, indique le directeur du bureau européen d'EADS.