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Bulletin Quotidien Europe N° 7954
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/construction navale

La Commission pourrait se prononcer mercredi prochain sur l'opportunité d'ouvrir une procédure à l'OMC contre les chantiers navals sud-coréens et de rétablir des aides aux chantiers européens

Bruxelles, 27/04/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne pourrait examiner mercredi 2 mai l'opportunité d'ouvrir une procédure à l'Organisation mondiale du commerce contre les chantiers navals sud-coréens et de rétablir des aides ponctuelles aux chantiers européens. Elle pourrait toutefois reporter sa décision pour évaluer d'éventuels signes positifs des autorités sud-coréennes, en marge de la visite de la Troïka en Corée du Nord et en Corée du Sud du 2 au 4 mai (voir plus haut). Le Conseil Industrie devrait aborder la question lors de sa réunion du 15 mai prochain.

En novembre dernier, la Commission européenne avait décidé de ne pas prolonger le régime d'aides d'Etat à la construction navale européenne expirant à la fin de l'année 2000 (voir EUROPE du 30 novembre 2000, p.14). A la demande du Conseil Industrie et sous la pression notamment de l'Allemagne, elle s'est toutefois engagée à envisager en mai 2001 deux mesures parallèles pour défendre l'industrie navale européenne: 1) l'ouverture d'une procédure à l'OMC, s'il s'avérait que la Corée du sud subventionne ses chantiers à perte. La Commission devrait rendre en mai les résultats d'une enquête ouverte le 2 décembre dernier dans le cadre du règlement de l'UE sur les obstacles au commerce, sur la base d'une plainte du Comité de liaison des constructeurs de navires européens, le CESA (voir EUROPE du 5 décembre, p.11); 2) une proposition de règlement permettant certaines aides ponctuelles pour les chantiers européens menacés par la concurrence déloyale sud-coréenne, en attendant les résultats de la procédure à l'OMC (voir EUROPE du 6 décembre 2000, p.11).

Si l'agenda de la Commission est confirmé, le collège des Commissaires devraient donc se prononcer sur la base de trois documents: 1) le quatrième rapport annuel sur la construction navale, présenté par le Commissaire à l'industrie Erkki Liikanen; 2) une note d'information du Commissaire au commerce, Pascal Lamy, sur le résultat de l'enquête et des dernières négociations avec les Sud-Coréens; 3) une proposition de règlement du Commissaire à la concurrence Mario Monti, se prononçant sur l'opportunité d'autoriser ou non des aides ponctuelles.

Le quatrième rapport sur la construction navale de la Commission démontre que malgré la progression du marché mondial de la construction navale la position des chantiers européens continue à se dégrader et les parts de marché des Sud-Coréens continuent à progresser. Les chantiers est-allemands sont particulièrement affectés. Selon une étude du courtier maritime Barry Rogliano Salles, les Sud-Coréens ont remporté 43% des commandes mondiales en 2000 et l'augmentation de 60% des commandes au niveau mondial a profité essentiellement à la Corée mais aussi à la Chine et à l'Europe de l'Est. Dans son dernier rapport sur la construction navale publié en novembre dernier, la Commission estimait de son côté que "à quelques exceptions près, les chantiers coréens continuent d'accepter des commandes à des prix qui ne couvrent pas intégralement les coûts" de production. Les ventes à perte représenteraient de "4 à 39% des coûts de construction effectifs" (voir EUROPE du 16 novembre 2000).

L'Association des chantiers navals sud-coréens, la KSA, a lancé de son côté une contre-offensive, en diffusant la semaine dernière un rapport du cabinet des consultants spécialisés Drewry Shipping Consultants, selon lequel la compétitivité des chantiers coréens serait due essentiellement à leurs faibles coûts de production, alliés à une meilleur stratégie de marketing et à un taux de change favorable du won coréen face au dollar.

Selon cette étude, diffusée par le cabinet de relations publiques Edelman, "le déclin de l'industrie européenne a commencé bien avant l'entrée de la Corée sur le marché de la construction navale" et "les chantiers européens s'étaient déjà retirés de la production de pétroliers et vraquiers dans les années 70, face à la concurrence japonaise", pour se spécialiser dans la production de bateaux plus sophistiqués comme les navires de croisières. En outre, les coûts du travail et des matériaux donnent à la Corée un avantage comparatif "décisif et assez légitime". L'étude relève notamment que les coûts du travail ont été de "2,5 à 4 fois supérieurs en Allemagne par rapport à la Corée du Sud", alors que "la productivité du travail sud-coréenne est de 35% supérieure à celle de l'Allemagne". La conjoncture a été en outre favorable aux chantiers sud-coréens, souligne le cabinet de consultants, en remarquant que la demande a progressé dans le secteur des grands navires à conteneurs et des pétroliers (en prévision de l'élimination des pétroliers à simple coque), "autant de secteurs où la Corée a un avantage compétitif significatif".

Reprenant les arguments développés ces derniers mois par la KSA, les consultants contestent en outre la méthode utilisée par la Commission pour calculer les coûts de production coréens et soulignent que l'UE elle-même continue à subventionner ses chantiers, en citant une aide de l'Allemagne de 35,3 millions de dollars pour l'année 2000 ou une aide italienne de 440 millions de dollars sur 15 ans.

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