Bruxelles, 23/04/2001 (Agence Europe) - Au lendemain des élections législatives qui ont donné une courte victoire aux partisans de l'indépendance du Monténégro, l'Union européenne, par crainte des répercussions d'une telle indépendance sur le reste de la région, continue à faire pression sur le Monténégro pour qu'il reste dans la Fédération yougoslave. "Le président Djukanovic doit assumer la responsabilité de la situation au Monténégro, dans la République Yougoslave et dans toute la région, et cesser de presser pour un référendum de division sur l'indépendance", a ainsi déclaré la présidente du Conseil, Anna Lindh, estimant que "le résultat des élections au Monténégro ne donne pas de mandat clair pour donner suite à l'idée d'un référendum sur l'indépendance. La société monténégrine est visiblement divisée sur le futur statut du Monténégro". D'après les premiers résultats, la coalition pro-indépendantiste du président Djukanovic aurait obtenu 35 sièges, contre 33 pour ses opposants. Le pouvoir en place devrait pouvoir compter sur 9 autres députés - principalement des libéraux - eux aussi partisans de l'indépendance.
La déclaration adoptée lundi par la Présidence de l'UE "invite vivement le nouveau gouvernement monténégrin à reprendre le dialogue avec Belgrade sans délai, avec pour objectif d'arriver à une redéfinition des relations dans la Fédération, en fonction des principes démocratiques et d'une manière qui assure la stabilité dans la région". Cet appel est assorti de la menace de suspendre l'aide européenne en cas d'action unilatérale (une déclaration d'indépendance non négociée) du Monténégro. Le dialogue, "qui exclut toute action unilatérale", permettrait à l'Union "de continuer son soutien politique, économique, et financier au Monténégro", dit la Suède, qui précise "qu'un haut fonctionnaire va se rendre les 24-25 avril à Podgorica et à Belgrade pour appuyer ce message". La déclaration dit aussi que ce "processus électoral répond aux standards européens".
La Commission européenne a invité elle aussi Podgorica à reprendre les discussions avec Belgrade, loin de toute "action unilatérale". La redéfinition des relations dans le cadre de la Fédération "était et demeure l'option soutenue par la Commission", qui se montre toutefois plus conciliante, en soulignant que l'UE "respecterait bien sûr une décision démocratique", qui ne devrait toutefois pas être suivie "d'actions unilatérales" . "Si le référendum se prononce clairement pour l'indépendance, alors nous devrons réexaminer notre position", précise un porte-parole.