Malmö, 23/04/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de l'UE ont procédé vendredi dernier, lors de leur réunion informelle à Malmö, à un échange de vues sur la future stratégie de l'Union en matière de fiscalité, «un domaine dans lequel le travail du Conseil devra être rendu plus efficace », a déclaré Bosse Ringholm, le président en exercice de l'Ecofin. Pour y parvenir, la Présidence suédoise a proposé la création d'un groupe de haut niveau qui sera chargé d'examiner les conditions d'une meilleure coordination entre les Etats membres. L'idée a été accueillie favorablement par une majorité d'Etats membres, qui ont chargé la présidence de préparer une proposition plus détaillée. L'Irlande, l'Espagne et l'Angleterre s'y sont opposés, tandis que la Grèce, le Danemark et la Finlande ne se sont pas prononcés. Une des pistes retenues serait de confier la tâche à un «sous-groupe » alternatif au Coreper. Les Etats membres sont toujours divisés sur la manière de parvenir à une plus grande coordination et sont loin de réunir un consensus autour des idées évoquées par le Commissaire Frits Bolkestein, en charge de la fiscalité et du marché intérieur. Ce dernier propose de suivre la voie de la concurrence fiscale, tandis que d'autres, la France en tête, préfèrent une harmonisation des politiques fiscales. Le ministre français des Finances, Laurent Fabius, a déclaré samedi sans ambiguïté que l'UE devra tendre vers "une harmonisation fiscale et éviter une concurrence dommageable".
Peu de progrès ont été réalisés à Malmö en ce qui concerne la fiscalité de l'énergie liée à la protection de l'environnement, une question bloquée depuis la fin de la Présidence allemande. Les ministres des Finances se sont mis d'accord sur la proposition suédoise de définir la structure de la taxation (en fonction de la nature polluante ou non du type d'énergie) avant de débattre de la fixation des taux. Ce compromis, jugé minimaliste par certains Etats membres, est de nature à satisfaire les pays les plus réticents à ce type de fiscalité (Espagne, Portugal, Grèce, Irlande). Le Commissaire Bolkestein a souligné que "la seule manière de dissuader de l'usage des énergies polluantes" est d'en augmenter le taux de taxation.
Le Conseil Ecofin a évoqué brièvement une série d'autres questions. Ainsi, les ministres ont reconnu la nécessité de progresser sur la taxation des retraites et des revenus des entreprises. Quant à la fiscalité indirecte, M. Ringholm a souligné l'importance pour les Quinze de parvenir à un accord sur la TVA sur le commerce électronique et de s'assurer que la distribution des revenus fiscaux est réalisée de manière équitable entre les Etats. Par ailleurs, le programme de la Commission européenne pour l'amélioration du système commun de TVA a reçu un large soutien. Enfin, les Quinze se sont mis d'accord sur la nécessité d'accroître la coopération administrative entre les Etats membres pour améliorer la lutte contre la fraude fiscale.