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Bulletin Quotidien Europe N° 7948
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/uem/elargissement

Une étude du Parlement européen met en garde contre une "adhésion précoce" des pays candidats dans la zone euro

Bruxelles, 19/04/2001 (Agence Europe) - Dans une étude sur l'Union économique et monétaire et l'élargissement, réalisée pour le Parlement européen, le Netherlands Economic Institute a fait le point sur les progrès engrangés par les pays candidats à l'adhésion dans leur intégration à l'UEM et sur les grands enjeux stratégiques liés à ce processus. Estimant que ces pays sont toujours en phase de stabilisation de leur transition économique, l'institut s'oppose à toute précipitation et rappelle que les conditions essentielles de l'adhésion à la zone euro sont en particulier l'achèvement de la libéralisation des prix et la restructuration et la recapitalisation du système bancaire, outre évidemment une convergence réelle et durable, conformément aux critères de Maastricht.

Parallèlement aux lenteurs du processus d'adhésion à l'Union européenne, attribuées en partie aux écarts de revenus et de productivité entre les deux régions, la Commission européenne et la plupart des pays candidats voient l'adhésion à la zone euro comme un processus graduel, commençant par une période de deux ans au moins, prévue par le Traité, durant laquelle ces pays seront membres de l'UE mais pas de la zone euro et se retrouveront dans le mécanisme des taux de change 2 (MTC2). L'enthousiasme initial de ces pays en vue d'une adoption rapide de l'euro, selon le rapport, s'est estompé sous l'effet des avis rendus par les institutions internationales et les milieux universitaires, mais pour les pays de la "première vague", le calendrier d'adhésion à la zone euro apparaît toujours quelque peu optimiste. Le principal défi à relever est la mise en œuvre de l'acquis communautaire. Certains pays semblent buter sur plusieurs pierres d'achoppement: libéralisation des mouvements de capitaux, indépendance totale des banques centrales, absence d'accès à des sources privilégiées de financement. L'institut néerlandais estime que les pays candidats sont "sur la bonne voie" quant à leur conformité avec plusieurs critères de Maastricht tels que la maîtrise de l'inflation, les paramètres fiscaux, et, pour certains, la stabilité des taux de change. Il relève cependant que les taux d'intérêt restent parfois élevés, ce qui "reflète le niveau élevé des taux d'intérêt réels, le contrôle encore hésitant des anticipations inflationnistes et l'immaturité des marchés de capitaux". Ces résultats sont interprétés comme un signe que les pays candidats sont toujours dans la phase de stabilisation de leur transition vers l'économie de marché. L'étude constate par exemple que des pays comme la Hongrie et la Pologne sont allés plus loin dans la réforme de leur économie, mais sont aussi les moins bien placés par rapport aux critères de convergence. Elle suggère que les pays candidats atteignent un seuil de convergence réelle avant de viser la convergence nominale, et ce en raison des pressions structurelles qui pèsent sur le taux d'inflation et les taux de change réels, dues elles-mêmes à la transition et au rattrapage de productivité. Cette priorité est d'autant plus justifiée que, après leur adhésion, ces pays seront soumis aux mécanismes de coordination de la politique économique et fiscale communautaire, comme les grandes orientations des politiques économiques, les programmes de convergence et la procédure applicable aux déficits excessifs. Dès le stade de la pré-adhésion, les critères de Maastricht exercent déjà une influence sur la coordination, même s'ils ne conditionnent pas l'adhésion. Quant aux taux de change, l'étude remarque que seuls quelques pays candidats ont une stratégie claire de rapprochement à ceux de la zone euro. Elle cite l'exemple de la Pologne, qui a prévu de relâcher progressivement son taux de change avant d'entrer dans le MTC2, qui instaurera une parité complète par rapport à l'euro, avec des possibilités d'intervention et de réalignement, de manière à laisser au taux de change la possibilité de trouver son point d'équilibre avant l'entrée dans la zone euro. La majorité des pays candidats sont invités à élaborer des stratégies à moyenne et à longue échéance concertées avec la Commission et la Banque centrale européenne.

Selon l'étude, toute adhésion précoce des pays candidats à la zone euro semble exclue, car elle impliquerait des politiques monétaires et fiscales trop strictes risquant de ralentir la croissance économique de ces pays. En outre, la diversification inappropriée des structures de production et l'orientation insuffisante des exportations vers l'UE exposeraient ces pays à des chocs exogènes venus de l'Union. Des solutions à ce type d'inconvénients sont envisageables, telles que la flexibilité salariale, des flux migratoires vers les principaux pays de l'UE et des transferts fiscaux massifs, mais, pour beaucoup, elles apparaissent difficilement réalisables, tant sur le plan économique que politique.

Sur le plan externe, les conditions de l'entrée des pays candidats dans la zone euro, selon qu'il sera une réussite ou non, renforceront ou affaibliront la monnaie unique, estime l'institut néerlandais. L'étude note aussi que l'élargissement de la zone euro devrait entraîner un détournement des capitaux vers les nouveaux venus, qui se ferait, dans un premier temps, au détriment de pays tiers orientés vers l'UE, tels que la Russie et l'Ukraine.

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