Bruxelles 19/04/2001 (Agence Europe) - L'UE et les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG: Arabie Saoudite, Bahrain, Emirats Arabes Unis, Koweït, Oman et Qatar) se rencontrent le 23 avril à Manama, capitale de Bahrain, pour la 11ème session du Conseil conjoint instauré dans le cadre de l'accord de coopération signé en juin 1988. Après la 10ème session, qui avait eu lieu en mai 2000 à Bruxelles, le même ordre du jour est envisagé, à savoir des échanges de vues à caractère politique (centrés essentiellement sur la situation au Moyen-Orient et dans la région) et informations réciproques sur les évolutions récentes au sein de chaque groupe de pays. L'Union européenne devrait en outre expliquer les développements de sa politique de sécurité et de défense. Les échanges de vues porteront en outre sur les aspects économiques, qu'ils soient directement liés à la coopération bilatérale (projets et actions communs) ou d'un caractère plus général. Il devrait s'agir en particulier du problème de la sécurité des approvisionnements de l'Europe, en hydrocarbures, à prix stabilisés. En dépit des réticences constatées au départ dans cette affaire, le dialogue semble noué, et la question devrait, selon des sources communautaires, figurer à l'ordre du jour des discussions cette semaine à Bahrain comme lors des entretiens bilatéraux qu'aura le Commissaire européen Pascal Lamy deux jours avant la session formelle, en particulier durant son passage en Arabie saoudite dès le 20 avril. Une brève visite de M.Lamy au Koweït serait programmée, mais elle n'est pas confirmée.
M. Lamy, qui représentera la Commission lors de cette session du Conseil conjoint, devrait évoquer avec ses différents interlocuteurs la perspective de conclure avec le CCG un deuxième accord, axé sur le libre-échange. Après une longue période de piétinements, le dossier paraît débloqué depuis la fin de l'année dernière et la Commission, comme elle s'y était engagée, a soumis au Conseil un projet élargissant le mandat de négociation qui lui avait été confié en 1991 (mais les partenaires du CCG avaient jugé ce mandat à la fois limité et peu équilibré). La proposition de la Commission en vue de la modification de ce mandat est depuis mercredi 18 avril sur la table des Quinze. La Commission proposerait surtout de tenir compte des développements récents touchant au commerce mondial (dans les domaines des services, de la propriété intellectuelle, commerciale et industrielle, des marchés publics, de la concurrence, et aussi en ce qui concerne la conduite à tenir face à l'émergence de fréquents regroupements régionaux dans le monde).
Ce dernier thème - l'intégration régionale - est au centre des pourparlers en cours. L'achèvement du processus d'Union douanière des six monarchies pétrolières du Golfe constitue une condition préalable à la conclusion de l'accord de libre-échange réciproque que négocient actuellement l'UE et le CCG et les retards dans la conception d'un TDC (tarif douanier commun) avaient eu un impact négatif sur les négociations entre l'UE et le CCG. Le schéma tarifaire est désormais connu, mais sa concrétisation a été retardée, en 2005 au plus tard. La Commission européenne a déjà eu l'occasion de dire qu'elle souhaite une accélération de ce processus, afin de faciliter l'achèvement des négociations sur l'accord de libre-échange. Une autre condition est l'adhésion de tous les pays du CCG à l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Quatre en sont déjà membres, l'Arabie saoudite est près d'y adhérer, mais des retards pourraient survenir, car l'accession du Sultanat d'Oman à l'OMC serait moins prévisible à court délai. Il n'y aurait cependant aucune urgence, car la Commission européenne doit d'abord recevoir l'aval du Conseil de l'UE à ses nouvelles suggestions sur le contenu du mandat avant de fixer de nouveaux rendez-vous au Secrétariat général du CCG.