Bruxelles, 19/04/2001 (Agence Europe) - Si la décision prise mercredi par la Réserve fédérale américaine de baisser ses taux d'intérêt est de nature à accroître la pression sur la Banque centrale européenne (BCE) pour qu'elle suive le mouvement, il est improbable que ceci suffise pour infléchir sa rigueur monétaire, a estimé jeudi une source proche de la BCE. "Réagir à la décision américaine, plus remarquable par son effet surprise que réellement surprenante, serait un signal négatif de la banque européenne quant à sa capacité de conserver son indépendance", a estimé cette source.
La plupart des analystes doutent que la BCE baisse ses taux lors de sa prochaine réunion, le 26 avril, en dépit de la pression de plus en plus forte exercée ces derniers temps sur les "gardiens de l'euro". Le président de l'Eurogroupe, Didier Reynders, a laissé entendre dans une interview avec le quotidien allemand Boersen-Zeitung qu'il n'est pas satisfait de la politique monétaire de la BCE. M. Reynders, qui avait déjà invité la Banque à "prendre ses responsabilités en matière de politique monétaire" (voir EUROPE du 12 avril, p.14), a précisé qu'il compte s'entretenir à ce sujet avec les banquiers centraux lors de l'Ecofin informel de Malmö, qui aura lieu vendredi et samedi prochains. Le directeur général du FMI Horst Koehler a incité mercredi la BCE à baisser ses taux (voir EUROPE du 19 avril, p. 14), et un diplomate français a estimé jeudi que la BCE devrait donner un signal d'ici le mois de mai.
La Federal Reserve a annoncé mercredi de manière inhabituelle, après une réunion par vidéo conférence, une baisse de ses taux d'intérêt à court terme de 50 points de base, ce qui porte son principal taux à 4,5%. La BCE a, quant à elle, maintenu la semaine dernière son principal taux directeur à 4,75%. Le président de la Banque centrale allemande, Ernst Welteke, membre de la BCE, a justifié cette décision en raison d'une persistance des risques inflationnistes, en notant que la croissance économique européenne reste au-dessus de 2%, malgré le ralentissement de l'économie mondiale.