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Bulletin Quotidien Europe N° 7945
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/industrie pharmaceutique

L'industrie européenne ne parvient pas à communiquer sur la question délicate de l'accès aux médicaments dans les pays en voie de développement

Bruxelles, 12/04/2001 (Agence Europe) - Alors que l'opinion publique européenne ne comprend toujours pas l'attitude des 42 firmes qui ont intenté un procès en Afrique du Sud, que le Parlement européen a vigoureusement pris position pour l'accès des plus pauvres aux médicaments et que la Commission européenne, par la voix du Commissaire Lamy, a confirmé le droit des pays en développement d'utiliser les dérogations de l'accord TRIPs pour produire localement des médicaments en particulier pour lutter contre le sida, l'industrie pharmaceutique européenne reste désespérément muette. Le sujet a bien été au coeur de la dernière réunion du Conseil d'administration de l'Association européenne de l'industrie pharmaceutique (EFPIA), mais sans produire le moindre résultat.

Empêtrés dans un débat public auquel ils ne sont pas habitués, agacés par les initiatives unilatérales de leurs collègues qui signent ici un accord avec le Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des prix et la mise à disposition de médicaments pour les pays les plus pauvres (cinq laboratoires - Abbott, Bristol-Myers Squibb, Boehringer Ingelheim, Pfizer, Hoffman-La Roche, GlaxoSmithKline - ont signé un accord avec M. Annan, le 5 avril) ou qui laissent, ailleurs, courir la rumeur qu'ils pourraient bien se désengager du procès sud-africain, les représentants des laboratoires ont quitté la réunion convaincus qu'il faudrait faire quelque chose mais sans réussir à s'accorder sur une stratégie de communication. Lors de son intronisation, le nouveau président de l'EFPIA, Jean-François Dehecq, avait pourtant donné l'impression de vouloir renouveler la politique de communication (il avait notamment souligné l'importance que revêt le fait de contribuer à sauver des vies humaines pour les gens qui travaillent dans le secteur) et de s'attaquer franchement aux vrais défis économiques et scientifiques que l'industrie doit relever. Force est de constater qu'il n'a pas encore réussi à dépoussiérer une institution qui, comme d'autres représentations de l'industrie européenne, est confrontée à un déficit d'image qui rejaillit sur l'ensemble du secteur.

Pourtant, les arguments existent. Ils sont nombreux, même si chacun peut être d'accord quant à la nécessité de trouver des solutions permettant aux plus pauvres d'avoir un accès aux médicaments et aux soins au même titre que les populations riches des pays développés. Dans le cas sud-africain, on est en droit de s'interroger sur la bonne foi d'un gouvernement dont les carences en matière de santé publique sont nombreuses. D'une manière plus générale, il est surprenant d'attendre de l'industrie pharmaceutique qu'elle règle toute seule et à ses frais les problèmes de santé dans les pays en développement, alors que l'on n'a jamais demandé à l'industrie agroalimentaire de nourrir gratuitement les populations les plus démunies. Selon certaines estimations, le coût annuel du traitement des personnes infectées par le VIH en Afrique sub-saharienne serait d'au moins 8,75 milliards d'euros (chiffre calculé sur la base de prix alignés sur les génériques les moins chers). A titre de comparaison, le Fed (Fonds européen de développement) auquel contribuent les Quinze Etats membres de l'Union ne correspond qu'à 13,5 milliards d'euros sur cinq à sept ans (en fonction du rythme d'exécution) pour l'aide au développement fournie à l'ensemble de la zone Afrique-Caraïbe-Pacifique. Diverses solutions ont été proposées, allant d'un fonds de solidarité internationale (système fonctionnant déjà pour les vaccins) à un mécanisme de prix différenciés, mais il n'existe aucune garantie que les médicaments ainsi mis à disposition dans les pays les plus pauvres ne soient pas finalement réexportés vers les pays occidentaux, avec un risque réel de réduction de la capacité d'investissement de l'industrie dans la recherche. Ces arguments ont été largement développés par un représentant de l'industrie, requérant bien sûr l'anonymat et s'empressant d'ajouter que "l'industrie pharmaceutique ne peut pas se permettre de mettre en cause d'autres secteurs ou d'affirmer que les responsables politiques se trompent".

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