Strasbourg, 18/12/2000 (Agence Europe) - Pendant les débats d'urgence de jeudi après-midi, des députés des principaux groupes politiques sont intervenus pour dénoncer les conditions dans les prisons turques - et en particulier la pratique de la torture - qui ont provoqué une grève de la faim parmi les détenus; mais les différents groupes politiques qui avaient présenté des résolutions les ont finalement retirées. Je suis heureux que ce débat nécessaire "ne débouche pas sur une recommandation vertueuse" et que notre Parlement ne soit pas une "caisse de résonance pour exploiter une crise en cours", a affirmé Philippe Morillon (PPE français), tout en rappelant que tous les pays européens, face à la "détresse des condamnés", réfléchissent sur des réformes en vue d'assurer un plus grand respect de la personne humaine et des conditions de détention plus humaines. Le social-démocrate autrichien Hannes Swoboda et le libéral démocrate britannique Andrew Duff se sont exprimés dans le même sens, et Gorka Knörr Borras, membre basque du groupe des Verts, a affirmé qu'on ne peut pas se contenter de l'expression de "bonnes intentions" de la part des autorités turques, auxquelles il a reproché de vouloir "une amnistie qui ne mérite pas son nom". En Turquie, on continue à torturer dans les prisons, dans les commissariats, s'est exclamé Jonas Sjöstedt, membre suédois de la Gauche unitaire. La Commission européenne partage vos préoccupations, a dit Chris Patten, tout en saluant la décision des autorités turques de transférer certains détenus dans des prisons où les conditions sont moins dures. La situation des détenus turcs est évoquée dans le document de la Commission sur le Partenariat UE/Turquie, a-t-il rappelé.