Bruxelles, 26/09/2000 (Agence Europe) - En prévision du Conseil de ce jeudi qui réunira, pour la première fois en session conjointe, les ministres en charge du marché intérieur et leurs homologues responsables de la politique des consommateurs, le Bureau européen des Unions de consommateurs (Beuc) a écrit à la Présidence française pour exprimer son attente impatiente d' «une discussion équilibrée qui reflétera aussi bien les intérêts des consommateurs que les intérêts commerciaux ». Voici, pour chacune des questions consuméristes inscrites à l'ordre du jour de la session, les préoccupations et desiderata du Beuc:
1. Proposition d'interdiction des phatalates dans les jouets. Exprimant de sérieuses inquiétudes au sujet de la sécurité des consommateurs européens les plus vulnérables que sont les enfants de moins de trois ans, le Beuc exhorte le Conseil à invoquer le principe de précaution pour: a) appuyer l'interdiction immédiate des six phtalates incriminés ; b) étendre l'interdiction à tous les jouets et articles de puériculture «susceptibles d'être mis en bouche » (au lieu de la limiter, comme la Commission le propose, aux seuls articles «destinés à être mis en bouche ») ; c) veiller à ce que les produits assouplissants du plastique utilisés comme substituts des phtalates dans les jouets, fassent l'objet d'une analyse scientifique, sans que, pour autant, cela retarde l'interdiction des six phtalates ; d) demander à la Commission d'examiner le volume total d'absorption de phtalates en cas d'exposition à long terme à ces substances, ainsi que les conséquences d'une telle exposition pour la santé des êtres humains, en particulier des enfants.
2. Amélioration des règles européennes en matière d'hygiène alimentaire. Soulignant que le nouveau principe de sûreté alimentaire proposé par la Commission est complet et permet d'assurer la traçabilité des ingrédients dans la chaîne alimentaire en comblant les lacunes de la législation actuelle, le Beuc souhaite que ce principe soit introduit dans tous les Etats membres dans les plus brefs délais. Partant, il recommande au Conseil d'approuver, sans plus tarder, le règlement proposé et insiste sur les nécessités suivantes: a) établir des responsabilités clairement définies à chaque étape de la chaîne alimentaire, b) assurer la cohérence des règles vétérinaires avant de les incorporer dans des règles d'hygiène ; c) veiller à la cohérence entre les nouvelles règles d'hygiène et celles déjà présentes dans les autres législations relatives à l'alimentation ; d) envisager des mesures pour protéger efficacement la santé des consommateurs le temps que les aliments pour animaux soient, eux aussi, soumis aux règles d'hygiène alimentaire (en 2004).
3. Les consommateurs et l'euro. Le Beuc considère que peu de mesures ont été prises pour faciliter l'introduction pourtant prochaine de l'euro auprès des consommateurs, et que ces derniers n'ont que peu à gagner à cette nouvelle monnaie en termes de bénéfices immédiats. Deux raisons suffisantes, à ses yeux, pour que le Conseil adopte rapidement des décisions afin d'assurer que: a) le coût et l'efficacité des paiements transfrontaliers dans la zone européenne soient identiques à ceux des paiements nationaux ; b) les opérations d'échange des monnaies existantes contre la nouvelle monnaie s'opèrent sans frais pour tous les consommateurs de tous les pays de la zone européenne - y compris ceux dépourvus de compte bancaire -, tant pour les pièces de monnaie que pour les billets.