Bruxelles, 26/09/2000 (Agence Europe) - La Conférence organisée conjointement par le Commission européenne et le Parlement européen sur l'agenda social européen jeudi 21 et vendredi 22 septembre a - et c'est une première, a souligné la députée socialiste belge, rapporteur pour le PE sur ce sujet Anne Van Lancker - réuni plus de 300 acteurs concernés par l'avenir de la politique sociale en Europe, dont des représentants des ONG, des partenaires sociaux européens et de la société civile organisée.
Au cours de la conférence de presse finale, donnée conjointement avec la présidente du Conseil Martine Aubry et la commissaire responsable des Affaires sociales Anna Diamantopoulou, le rapporteur Anne Van Lancker a souligné que "le message politique de cette conférence est très fort: suite aux mandats des Sommets de Lisbonne et de Feira, l'Agenda social se trouve au coeur de la politique européenne et sera adopté au plus haut niveau politique, par les chefs d'Etat et de gouvernement". Tirant les conclusions générales des travaux, Anne Van Lancker a notamment relevé que: 1) pour bénéficier d'un large appui de l'opinion publique, cet agenda doit être "fort, équilibré et ambitieux, très lisible et comprenant un calendrier pour en déterminer les délais de réalisation"; 2) les ateliers ont accueilli favorablement la politique de coordination ouverte: il faut établir un trait d'union entre qualité et nombre d'emplois pour éviter la précarité et la pauvreté; 3) il faut prévoir aussi une convergence des systèmes de protection sociale".
Pour Anna Diamantopoulou, "la nouveauté de cette conférence réside dans le rôle de plus en plus important de la société civile organisée et des ONG dans la définition et la mise en oeuvre des politiques. Compte tenu des bouleversements de la nouvelle économie, nous avons besoin de censeurs sociaux qui doivent appartenir à la société civile et aux partenaires sociaux". Pour la commissaire, "la contribution des ONG donnera un nouvel élan qui doit aboutir à l'adoption de l'agenda social au Sommet de Nice". Mme Diamantopoulou a encore noté que la conférence avait mis en relief la dimension de la qualité lorsqu'il s'agit de conditions du travail, d'emplois, de politique sociale, de systèmes de protection sociale et de rapports salariaux".
"Nous avons avec cet Agenda social, un changement complet de vision pour cinq ans parce que seront adoptés des objectifs communs et un calendrier", a commenté Martine Aubry. En ce qui concerne la politique de coordination ouverte, la ministre a déclaré: "Je crois que, dans des domaines d'intervention nationaux, il est bon que l'Europe s'engage dans des objectifs communs. C'est le processus de Luxembourg sur l'emploi, c'est le processus, je l'espère, de Nice sur l'exclusion sociale". Elle a ajouté que "cet agenda social sera le travail de tous - du Parlement européen, des ONG, des syndicats, des représentants des territoires - et d'une volonté politique d'avoir un texte réaliste, ambitieux et concret". Et de conclure (en notant qu'il y avait trois femmes sur le podium): "C'est peut-être grâce aux femmes que l'Europe sociale va avancer. J'ajouterai un homme, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker qui a eu l'idée du processus du Luxembourg".