Bruxelles, 18/05/2000 (Agence Europe) - L'Union européenne a signé avec le Laos un accord bilatéral sur le commerce des produits textiles qui élargit, virtuellement sans limites, les possibilités d'exportation de ce pays sur le marché européen, dans le droit fil de la politique de l'UE à l'égard des pays les moins avancés (PMA). L'ouverture déjà effective à titre provisoire depuis décembre 1998 a permis au Laos de porter de 74 à 93 millions d'euros la valeur de ses livraisons à l'UE en l'espace d'un an, passant ainsi du 64ème au 56ème rang des fournisseurs du marché textile communautaire. Le nouvel accord, qui procure aux opérateurs laotiens un cadre législatif plus clair et précis, a été salué par le Laos comme "un geste historique d'aide inestimable" et par l'UE, comme une "nouvelle étape", source "d'avantages mutuels".
L'objectif de l'accord paraphé en juin 1998 est double: permettre un développement sans entraves des exportations du Laos, désormais tenu responsable de l'origine de ses produits, et mettre fin au contournement des quotas textiles d'autres pays fournisseurs via le Laos, grâce à une coopération administrative efficace et praticable. Aucune restriction quantitative n'est prévue si ce n'est un plafond d'alerte (au-delà duquel des quotas pourraient être introduits), établi à un taux (1 à 2%, selon les catégories, de l'ensemble des importations européennes de textiles) qui est, d'après la Commission, "suffisamment généreux pour assurer le Laos de la continuation sans entraves de ses exportations". Les huit catégories les plus sensibles sont soumises au système de double surveillance (chemises, T-shirts, chemisiers, pantalons, pull-overs, etc.), impliquant notamment un régime de licences. Durant la validité de l'accord (trois ans renouvelables), le Laos s'engage à ne pas augmenter les droits de douane sur les textiles européens et aucune partie ne pourra introduire de barrières non-tarifaires sur les produits textiles et de vêtement du partenaire.
L'accord a été signé par le représentant du Portugal au Comité des représentants permanents des Quinze à Bruxelles, Vasco Valente, par le Directeur général adjoint du commerce à la Commission européenne, Morgens Peter Carl, et par l'Ambassadeur laotien, Sompradith Vorasane. Visiblement ému, M.Vorasane, a remercié l'Union et ses Etats membres pour "ce geste historique d'aide inestimable". La valeur du commerce concerné représente "1,7% du capital global investi dans l'ensemble de l'économie et 30,4% de nos exportations", a-t-il déclaré. En se référant aux fraudes passées, il a suggéré un garde-fou supplémentaire, en offrant de "collaborer avec les spécialistes de l'UE pour mettre en place, par exemple, un système de contrôle contemporain efficace au point d'arrivée et de départ de nos marchandises, permettant de dépister sur le champ les profiteurs illicites internationaux, et d'éviter ainsi d'éventuelles brusques ruptures de contrat qui seraient néfastes pour notre pays, encore pauvre".