Bruxelles, 18/05/2000 (Agence Europe) - Dans des conclusions adoptées jeudi, le Conseil Industrie a demandé à la Commission européenne de présenter en septembre un rapport sur la mise en oeuvre du protocole d'accord sur la construction navale, par lequel la Corée du Sud s'est engagée à assainir le marché en terme de prix et de capacité de production. L'UE évaluera à la lumière de ce rapport l'opportunité de prendre des mesures et commerciales de rétorsion contre les pratiques de dumping coréennes.
L'UE a "émis un signal clair vers la Corée du sud", a déclaré à la presse le président du Conseil, Vitor Santos. Si l'accord conclu d'avril dernier n'est pas mis en oeuvre rapidement, la Commission et l'industrie seront invitées à rassembler des preuves de préjudices pour l'ouverture d'une procédure de règlement des différends à l'OMC, indique-t-on à la Commission.
La majorité des Etats membres s'est prononcée en revanche contre la prolongation du régime d'aide d'Etat en faveur de la construction navale qui expire en septembre. Seuls l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et le Portugal souhaiteraient la prolongation du régime. La ministre espagnole Anna Birules a annoncé que son pays soutiendra ses chantiers navals à travers des mesures pour l'innovation et la réduction des coûts. Le commissaire à la Concurrence, Mario Monti, a relevé que "pour que le régime soit prolongé, il faudrait une proposition de la Commission, or la Commission n'y est pas favorable et je n'ai pas eu l'impression qu'il y ait une majorité du Conseil en faveur du renouvellement".
Les ministres ont par ailleurs partagé pleinement les préoccupations sur la crise de la construction navale présentées dans le 2ème rapport de la Commission (voir EUROPE du 4 mai p. 13). Ils précisent dans leurs conclusions qu'ils continueront à agir auprès du FMI et de la Banque mondiale pour que les quelque 4 milliards d'euros apportés à la Corée ne soient pas utilisés pour subventionner les chantiers navals.
Le Conseil a adopté la directive sur les retards de paiement et rencontré les ministres des pays candidats
En résumant les travaux du Conseil, le président du Conseil, Vitor Santos, s'est félicité de l'adoption de la directive sur les retards de paiement, "un instrument fondamental pour clarifier la position contractuelle des petites et moyennes entreprises face à leur grands fournisseurs". EUROPE y reviendra demain en détail.
Par ailleurs, le déjeuner avec les ministres de l'Industrie des pays candidats à l'adhésion a permis "un échange d'expérience fructueux pour formuler de manière pragmatique les meilleures formules pour intégrer ces pays à l'Union européenne". Le débat a montré qu'ils ont "un grand potentiel d'intégration", a t-il assuré. Le Conseil a entendu par ailleurs un exposé du commissaire Mario Monti sur la modernisation des règles européennes de concurrence et d'autres exposés de la Commission sur l'industrie automobile, la sidérurgie, le développement durable de l'industrie minière.