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Bulletin Quotidien Europe N° 7720
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/reforme institutionnelle

Le sommet informel de Rambouillet pourra discuter de l'initiative Fischer - Les évêques européens demandent une initiative franco-allemande - La Hongrie est d'accord avec Fischer, la Pologne pas

Paris/Bruxelles/Budapest/Varsovie/Strasbourg, 18/05/2000 (Agence Europe) - La porte-parole du Quai d'Orsay, Anne Gazeau-Secret, a dit, en répondant aux questions de la presse sur l'initiative européenne de Joschka Fischer, que le sommet franco-allemand de vendredi prochain à Rambouillet sera "une rencontre totalement informelle" au cours de laquelle "aucun sujet" ne sera exclu du débat. La réunion, à laquelle participeront Jacques Chirac, Lionel Jospin, Hubert Védrine, Pierre Moscovici, Gerhard Schröder et Joschka Fischer (et qui précède le sommet franco-allemand formel du 9 juin à Mainz) est "une rencontre totalement informelle qui vise à réfléchir ensemble, librement, sur l'avenir de l'Europe dans le cadre du dialogue franco-allemand", dans la perspective de la Présidence française du Conseil de l'UE, a affirmé la porte-parole.

Par ailleurs, Monseigneur Josef Homeyer, évêque de Hildesheim, en Allemagne, et président de la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (Comece), a lancé un "appel pour "une initiative franco-allemande", en remerciant le "citoyen Joschka Fischer" pour son discours qui, selon lui, ouvre la perspective d'"une vraie communauté de tous les Européens". "L'Eglise ne peut que saluer cette initiative", affirme Mgr Homeyer, pour qui il est temps d'envisager l'"acte de refondation politique délibéré de l'Europe" prôné par M. Fischer: "il faut espérer que les chefs des gouvernements français et allemand ainsi que leurs ministres des Affaires étrangères prendront une décision pour une initiative en ce sens lors de leur rencontre imminente", ajoute-t-il. Mais il précise aussi que cet acte ne pourrait être posé qu'après la fin de la Conférence intergouvernementale actuellement en cours, sinon, "cette très bonne intention" de vouloir créer un "centre de gravité" pour une période de transition "pourrait être éventuellement interprétée comme une tentative de freiner le rapprochement entre l'Europe orientale et occidentale", donc l'élargissement de l'UE.

A Budapest, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé que le ministre Janos Martonyi a "dans plusieurs domaines une conception similaire ou identique" à celle de Joschka Fischer , et qu'en tant que futur membre de l'UE, la Hongrie s'intéresse au renforcement de l'intégration européenne et estime qu'il faut commencer à réfléchir au développement à long terme de l'Union (même s'il faut continuer à être réalistes afin de "résoudre les tâches immédiates", comme l'élargissement, a-t-il précisé). Le ministre polonais des Affaires étrangères, Bronislaw Geremek, a affirmé en revanche dans une interview à la radio que l'idée d'une fédération européenne est "contraire à la façon de penser des pays candidats qui viennent de retrouver leur indépendance et leur souveraineté".

Au Parlement européen, lors d'une conférence de presse à Strasbourg, le président de la commission des affaires constitutionnelles, Giorgio Napolitano, a dit que "nous avons été réconfortés par le discours de Fischer", car, pour relancer l'intégration européenne, il fallait une intervention venant d'un gouvernement important. M.Napolitano, soutenu par Enrique Baron, président du groupe socialiste qui était à ses côtés, s'est félicité de voir que Joschka Fischer a osé utiliser un mot comme "Constitution", qui est un tabou pour plusieurs gouvernements. Le président du groupe libéral Pat Cox a salué l'initiative tout en estimant qu'elle laisse beaucoup de questions ouvertes, et tout en soulignant les mérites de la "méthode communautaire" classique; nous devons apporter une "réaction appropriée" à cette initiative, a-t-il ajouté. En revanche, les élus de la CDU et de la CSU Harmut Nassauer et Markus Ferber ont réitéré leurs critiques, tout en soulignant l'urgence d'initiatives franco-allemandes pour "ranimer" la CIG (voir dans EUROPE des 15/16 mai, p. 6, les réactions du président du groupe du PPE Hans-Gert Pöttering).

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