login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7717
Sommaire Publication complète Par article 10 / 38
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mediterranee

Les fédérations industrielles des 27 pays partenaires créent un réseau euroméditerranéen et souhaitent contribuer plus directement au processus de Barcelone - Les entreprises de la rive sud annoncent leur volonté de se regrouper dès septembre.

Tunis, 15/05/2000 (Agence EUROPE) - Les fédérations industrielles des quinze pays de l'UE et des pays partenaires méditerranéens, réunies à Tunis les 12 et 13 mai, ont annoncé le lancement officiel du réseau Unimed-Business auquel la Commission apporte son concours par l'octroi d'un appui financier de 2,5 millions d'euros (sur un total de 3,4 millions d'euros). Leur dialogue se poursuivra dans de prochaines rencontres en Turquie d'abord, en Égypte ensuite.

La création de ce réseau permettra aux entreprises des deux rives de la Méditerranée d'échanger expériences, informations et analyses et surtout de contribuer directement au processus euro-méditerranéen. M. François Périgot, président de Medef-International (France) et qui conduit, pour l'Unice, le dialogue avec les entreprises méditerranéennes, y voit le moyen d'appliquer le « devoir d'influence » qui est celui des milieux économiques sur le cours du processus de Barcelone. Cette approche est originale. « Rien de tel n'existe du côté des pays de l'Est", observe M. Patrick Laurent, chef d'Unité à la Commission européenne en charge du dialogue euro-méditerranéen. La création d'un tel réseau est un « acte solidaire » des entreprises des deux rives de la Méditerranée face aux défis que pose l'ouverture réciproque des marchés, affirme le président de l'Utica (patronat tunisien), organisateur de la conférence, M. Hédi Jilani, qui a également annoncé la mise en place d'un regroupement d'entreprises des douze pays de la rive Sud, qui sera le pendant de l'Unice, et dont la constitution sera amorcée en septembre prochain.

Dans leur déclaration finale, les entreprises euro-méditerranéennes soulignent en effet que "la coopération Sud-Sud et la négociation d'accords de libre-échange entre les PSM (pays du Sud) est essentielle" pour « attirer les investisseurs étrangers ». Le représentant du patronat algérien, M. Naït Abdelaziz, a tenu lui aussi à souligner le besoin de progresser dans la voie de l'intégration sous-régionale: "nous nous sentons particulièrement interpellés par le retard et la léthargie" du projet d'Uma (Union du Maghreb Arabe) marquant l'impératif de « créer les synergies nécessaires» entre les entreprises de la sous-région.

La réunion de Tunis a permis d'un avis général de s'engager dans une phase concrète du dialogue entre industriels des deux rives de la Méditerranée et de compléter ainsi la démarche vers une plus grande ouverture réciproque des marchés qui serait accompagnée d'une plus grande capacité d'attraction de l'investissement. "La marge d'accroissement est importante", a relevé le Secrétaire d'État tunisien aux Affaires étrangères, M. Tahar Sioud, qui a rappelé l'engagement pris à Lisbonne, fin février dernier, de donner une impulsion significative aux flux d'investissements. Rappelons que dans la panoplie de mesures en faveur de l'investissement il y a eu la création, en décembre 1999, d'un réseau euroméditerranéen des agences de promotion de l'investissement, auquel la Commission européenne a alloué 3,95 millions d'euros (pour 3 ans). Mais à la différence du réseau de fédérations industrielles (Unimed-Business) qui bénéficie de l'acquis du côté européen représenté par l'existence de l'Unice, le réseau d'agences de promotion n'a pas d'équivalent au plan communautaire et la Commission s'emploie actuellement à identifier les acteurs possibles de part et d'autre de la Méditerranée.

Cet appui à la structuration du dialogue direct entre opérateurs et entre ceux-ci et les autorités publiques, concrétise le volet de coopération industrielle du processus de Barcelone basé sur la déclaration adoptée le 15 mai 1996 à Bruxelles par les vingt-sept ministres de l'industrie et qui sera à l'ordre du jour de la session ministérielle du 21-23 juin prochain à Limassol (Chypre). Parallèlement aux efforts engagés par les autorités publiques, les organisations patronales euroméditerranéennes (qui s'étaient déjà réunies trois fois, à Malte en mai 1996, à Marrakech en décembre 1996 et à Athènes en octobre 1997), espèrent avoir abouti, au terme de cette quatrième session, de Tunis, à une quasi-institutionnalisation de leur rôle: « le moment est venu d'examiner ce qui a été fait et de décider ce que nous pourrons faire à l'avenir pour améliorer notre contribution à la réalisation de la zone de libre-échange euroméditerranéenne et pour renforcer notre intervention auprès des gouvernements nationaux et des institutions communautaires », a affirmé le Directeur général de la Confindustria (Italie), M. Innoncenzo Cipoletta, à qui est revenue la charge de présenter cet outil nouveau pour l'action collective des associations représentatives du monde industriel dans toute la zone.

M. Fabio Colasanti, Directeur général "Entreprises" de la Commission européenne, a apporté l'appui de celle-ci aux objectifs que se sont assignés les associations d'industriels et s'est dit « heureux de discuter de l'avenir du Partenariat" avec le secteur privé et de prendre note de sa "vision". Il a souligné "l'engagement de la Commission au développement de la coopération industrielle dans le cadre d'une nouvelle approche concentrée autour de quatre objectifs prioritaires": a) la promotion de l'investissement; b) le développement des services de soutien à l'innovation et à la qualité dans les entreprises; c) la formation à l'utilisation des instruments et mécanismes du marché euroméditerranéen; d) l'appui aux PME. C'est par ce biais que pourra être réalisé le double objectif d'attirer davantage en Méditerranée les investisseurs et de créer les conditions les plus favorables pour la mise en place de la zone de libre-échanges, en soulignant à cet égard la nécessité de favoriser le développement des échanges "Sud-Sud". Cela ne signifie pas, avait-il ajouté, que nous disons aux partenaires méditerranéens, "débrouillez-vous" mais pour faire valoir qu'il y a un retard à rattraper dans cette dimension des flux d'échanges euroméditerranéens par rapport aux flux Nord-Sud en plus forte croissance.

Lors de la conférence de presse finale, M. Colasanti a souligné le besoin, dans cette voie, d'avoir un dialogue soutenu avec tous les partenaires sociaux: « l'option choisie est celle de l'intégration de nos économies et cela touchera toute la société civile dans chacun des pays et elle ne pourra réussir que si l'opinion se sent concernée », a-t-il dit, estimant - en réponse à une question - que la création d'un CES euroméditerranéen ne serait « pas anachronique ».

La plupart des intervenants à la conférence ont souligné l'inéluctabilité du processus d'intégration régionale en Méditerranée. M. Périgot a fait le parallèle entre ce processus et celui qui avait conduit graduellement dans les années soixante à l'intégration européenne et a mis en cause la conception d'une Europe recroquevillée sur elle-même et sur la protection de son agriculture. Il a ajouté: « En face, les pays de la rive Sud doivent aussi prendre la mesure des transformations majeures et profondes qu'ils doivent accomplir aussi bien dans les structures que dans les mentalités", y compris dans la conception de l'avenir des échanges agricoles. M. Colasanti a appuyé cette démonstration en rappelant le scepticisme similaire qui avait marqué les efforts d'insertion de l'Italie dans l'ensemble européen, y compris son adhésion à l'euro.

La Conférence a aussi exprimé, dans sa déclaration finale, ses vues sur le programme Meda, et la Commission a indiqué quelques orientations à ce sujet. EUROPE y reviendra.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLÉMENTS HEBDOMADAIRES