Bruxelles, 13/03/2000 (Agence Europe) - Le Comité Permanent de l'Emploi (CPE) a tenu ce lundi sa réunion préparatoire au Sommet extraordinaire qui se déroulera la semaine prochaine à Lisbonne. Pour la première fois, la présidence du Conseil Ecofin a participé aux travaux avec la Commissaire aux Affaires sociales Anna Diamantopoulou, les ministres du Travail et les représentants des partenaires sociaux européens (Unice pour le patronat, CES pour les syndicats, CEEP pour les entreprises publiques). La Présence des responsables nationaux des secteurs de l'économie et des finances répond au souhait de la présidence portugaise de faire participer tous les acteurs concernés à la mise en place d'une Europe plus dynamique et compétitive sur l'échiquier mondial, basée sur l'innovation et la connaissance.
La réunion a permis aux participants de discuter du document de la Présidence portugaise "Emploi, réformes économiques et cohésion sociale - vers une Europe basée sur l'innovation et la connaissance", qui a fait l'objet d'un consensus général, ainsi que de la contribution de la Commission sur "un agenda de renouveau économique et social" et des prises de position des partenaires sociaux. Le CPE s'est dit "confiant que le Sommet de Lisbonne sera un pas en avant sur la voie de l'amélioration de la compétitivité de l'Europe dans un monde en changement continuel, permettant à tous les citoyens de bénéficier d'emplois de qualité" et a ajouté qu'il "était prêt à continuer à jouer un rôle clé dans ce processus".
Le CPE a toutefois mis en garde contre le danger de l'apparition de nouveaux risques d'exclusion sociale. Il considère comme très positif que compte tenu des changements démographiques importants, l'objectif soit de moderniser les systèmes de protection sociale de façon durable: un élément essentiel de cette durabilité est d'exploiter pleinement le potentiel d'emplois en Europe en augmentant le taux d'emploi. Il estime que des politiques de l'éducation et de la formation professionnelle (plus spécialement les politiques de formation tout au long de la vie active) constituent une part vitale de la stratégie de l'emploi; l'apprentissage tout au long de la vie doit être développé en étroite collaboration avec les partenaires sociaux qui ont une responsabilité clé dans ce domaine. Le CPE demande que les "lignes directrices pour l'emploi 2000" soient assorties d'une ligne directrice spéciale concernant le développement de la formation en informatique. La révision à moyen terme des lignes directrices sur l'emploi devrait être réalisée tant pour renforcer leur contenu que pour préciser leur objectif, même s'il est important qu'elles ne soient pas radicalement changées d'année en année. Le monitoring devrait être renforcé par l'usage d'autres indicateurs et benchmarks.
Les conclusions du CPE reprennent également les demandes de la Confédération européenne des syndicats (CES) et du patronat européen (Unice), dont EUROPE a déjà rendu compte (voir EUROPE du 9 mars, pp.15 et 16). Le côté syndical demande que tout le monde ait droit à bénéficier de la formation et donc de qualifications pour trouver un emploi et éviter ainsi l'exclusion sociale, mais aussi que les droits d'information et de consultation des travailleurs soient adaptés aux modes de pensée de la communication et de l'information électronique. Quant aux employeurs, ils insistent sur la nécessité d'accroître la flexibilité et la mobilité sur le marché du travail, de réduire les coûts du travail indirects comme contribution clé à l'augmentation du taux d'emploi.