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Bulletin Quotidien Europe N° 13866
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INSTITUTIONNEL / Budget

CFP 2028-2034 - au vu des divergences, la capacité des États membres de l'UE à trouver un accord d’ici fin 2026 suscite le doute

« Laissez-moi saisir cette opportunité pour rappeler que le cadre financier pluriannuel (CFP) est parmi les premières priorités de la Présidence chypriote » du Conseil de l’Union européenne, laquelle « travaille depuis le premier jour sur tous les fronts (...) dans le but d’atteindre un accord d’ici la fin de 2026. C’est le mandat que nous avons reçu du Conseil européen », a lancé la ministre chypriote déléguée à l’Europe, Marilena Raouna, lundi 11 mai, au sortir d’une réunion ministérielle informelle des ministres chargés des Affaires européennes des pays de l'UE, où l’épineux dossier du CFP 2028-2034 a de nouveau été abordé.

Quelques heures plus tôt, le ministre français, Benjamin Haddad, avait paru balayer d’un revers de la main l’échéance de fin 2026. Cette dernière avait pourtant été fixée afin d’anticiper les éventuels impacts sur les négociations de plusieurs scrutins nationaux attendus l’année prochaine, à commencer par la présidentielle française de mai 2027.

« Notre seule priorité est d’avoir un bon budget », et non « de s’imposer des échéances artificielles pour accélérer le processus », avait en effet tranché M. Haddad à son arrivée à la réunion – où a été évoqué par ailleurs l’élargissement de l’UE (EUROPE 13866/5). « Un accord pourrait être trouvé au second semestre 2027 », a-t-il soutenu.

Lors du sommet européen du 24 avril dernier à Nicosie, le Premier ministre croate, Andrej Plenković, avait déjà exprimé des doutes sur la capacité des Vingt-Sept à s’entendre avant fin 2026, au vu des positions « divergentes » exprimées (EUROPE 13856/1).

De fait, les désaccords demeurent profonds entre, d’un côté, les pays comme l’Allemagne, la Suède ou les Pays-Bas, désireux de focaliser une enveloppe globale limitée sur de « nouvelles priorités », telles que la compétitivité, la défense ou la migration, et ceux voyant plus grand, dont la France, la Pologne et l’Italie, et soucieux de préserver également les postes de dépenses historiques (les fonds agricoles et de cohésion, en particulier).

La Présidence chypriote, qui entend présenter une base de négociation chiffrée ('negotiating box') début juin, à temps pour le Conseil européen des 18 et 19 juin, fait face à une tâche ardue.

Réponse aux crises. Lundi, la discussion entre ministres s'est limitée aux outils de réponse aux futures crises dans le prochain CFP, et plus globalement aux flexibilités accordées aux États membres incluses dans la proposition initiale de la Commission. Elle n’a pas pour autant été consensuelle.

Côté polonais, le secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères, Ignacy Niemczycki, s’est alarmé par exemple que « la politique de cohésion soit transformée en un nouvel instrument de gestion de crises ». Son homologue espagnol, Fernando Sampedro, a évoqué pour sa part un possible remboursement plus « progressif » de la dette du plan de relance européen post-Covid-19 afin d’octroyer plus de marges de manœuvre à l’UE.

M. Haddad a promis de « pousser dans les prochaines semaines » sur le sujet des ressources propres (EUROPE 13728/20), jugeant « vraiment intéressantes » les pistes du Parlement européen en la matière (EUROPE 13849/14). (Clément Solal)

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