Le deuxième Forum international d'examen des migrations (IMRF) s’est achevé, vendredi 8 mai à New York, par l’adoption d’une déclaration de progrès engageant les participants à transformer les intentions du 'Pacte mondial sur les migrations' en actions concrètes.
Organisé tous les quatre ans pour évaluer la gouvernance mondiale des flux migratoires, l’IMRF a réuni les États membres de l'ONU, la société civile et plusieurs organisations internationales, dont l’Union européenne - représentée par Magnus Brunner, commissaire européen chargé de la Migration et des Affaires intérieures.
La Déclaration appelle les États à « faciliter une migration sûre, ordonnée et régulière » et à « renforcer les capacités de gestion des frontières » tout en garantissant le respect des « droits humains de tous les migrants ».
Elle encourage la création de partenariats pour mener une « coopération le long des routes migratoires » - stratégie au cœur du Pacte sur la migration et l’asile, qui entrera en vigueur le mois prochain. Une attention particulière est portée à la nécessité de « prévenir les disparitions et (de) protéger la vie des migrants », notamment sur les routes vers l'Europe.
Le document exhorte aussi à réduire les coûts des transferts de fonds, qui ont atteint un record de 685 milliards de dollars vers les pays à revenu faible et intermédiaire en 2024 : un montant désormais supérieur à l'aide publique au développement et aux investissements directs étrangers combinés.
Présenté à l’occasion du Forum, le Rapport 2026 de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pointe une accélération drastique des crises, avec 120 millions de personnes en situation de déplacement forcé. Parmi elles, le nombre de déplacés internes a doublé en une décennie pour atteindre 83,4 millions, et 45,8 millions de nouveaux mouvements ont été causés par des catastrophes climatiques. Des dérèglements qualifiés de « moteur immédiat de la mobilité vers le continent européen ».
Enfin, le rapport souligne le rôle économique de l'immigration pour l'UE, notant par exemple que la France est le quatrième bénéficiaire mondial de transferts de fonds (38,8 milliards de dollars) grâce aux salaires de ses frontaliers. L'OIM répète de ce fait l'importance des circuits légaux, arguant qu'une offre suffisante de « voies régulières » est la seule alternative à la mobilité irrégulière face aux crises mondiales.
La déclaration de progrès : https://aeur.eu/f/luy
Le rapport annuel de l'OIM : https://aeur.eu/f/luz (Justine Manaud)