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Bulletin Quotidien Europe N° 13866
ACTION EXTÉRIEURE / IsraËl

Les États membres de l'UE s’accordent sur des sanctions envers des colons violents et des membres du Hamas

Après des mois de blocage, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont donné leur accord, lundi 11 mai, pour l'adoption de sanctions à l’encontre de colons violents et de membres du Hamas. Cette adoption a été permise grâce à la levée du veto hongrois, avec l’arrivée du nouveau gouvernement au pouvoir.

« Nous sommes parvenus à des accords politiques visant à sanctionner les colons et entités extrémistes israéliens. Ces accords s'accompagnent de nouvelles sanctions contre des figures importantes du Hamas. La violence et l'extrémisme ont des conséquences », a souligné la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, à l'issue du Conseil.

Une décision européenne immédiatement dénoncée par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar. « L'UE a choisi, de manière arbitraire et politique, d'imposer des sanctions à des citoyens et entités israéliens en raison de leurs opinions politiques, et ce sans aucun fondement », a-t-il souligné sur X. Il a qualifié de « tout aussi scandaleuse (...) la comparaison inacceptable qu'elle établit entre les citoyens israéliens et les terroristes du Hamas. Il s'agit d'une équivalence morale totalement déformée ». « Israël a toujours défendu, défend et continuera de défendre le droit des Juifs à s'établir au cœur de sa patrie », a-t-il prévenu.

Les discussions sur le commerce avec les colonies se poursuivent. Au-delà de ces sanctions, les ministres ont discuté de possibles mesures liées au commerce avec les colonies. « Nous avons abordé les questions commerciales liées à la limitation des échanges avec les colonies israéliennes illégales. De nombreux États membres ont appelé à faire avancer ce dossier. Nous allons donc continuer de travailler avec la Commission afin de présenter des propositions », a expliqué Mme Kallas, tout en précisant que beaucoup d'autres voulaient le statu quo.

Ainsi, contrairement à ce qui était attendu, la Commission européenne n’a présenté lors du Conseil aucune proposition concrète. Interrogée à ce sujet, Mme Kallas a précisé que le commerce n’était pas de son ressort, mais de celui de la Commission.

À leur arrivée au Conseil, plusieurs ministres avaient pourtant plaidé pour des mesures. « Il nous faut donc voir de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance des colonies » qui ne sont pas compris dans l'accord d'association, a ainsi souligné la ministre suédoise, Maria Malmer Stenergard, qui a fait une proposition en ce sens avec son homologue français. Selon elle, cette proposition est la plus réaliste et celle qui nous offre les meilleures chances de recueillir le plus de voix.

Une proposition qui pourrait être soutenue par l’Allemagne, qui se refuse à suspendre l’accord d’association. « Le gouvernement fédéral est prêt à soutenir les propositions visant à rendre plus difficile l'importation de produits en provenance des territoires de colonisation, par exemple par le biais de droits de douane plus élevés », a souligné le ministre d’État allemand Gunther Krichbaum .

L'Italien Antonio Tajani a estimé que « l'Italie pourrait jouer un rôle décisif pour former une majorité qualifiée ». « Nous avons déclaré au Parlement être prêts à examiner la proposition franco-suédoise, mais elle doit être étudiée en profondeur », a-t-il ajouté.

Mais selon la ministre irlandaise, Helen McEntee, ce n’est pas la solution appropriée. Selon elle, en appliquant des droits de douane sur des produits des colonies - illégales -, on leur confère une certaine légitimité.

Elle a appelé, comme son collègue espagnol José Manuel Albares, à ce que l’UE se conforme au droit international, en interdisant tout simplement le commerce avec les colonies. « Un certain nombre de mesures consistent simplement à se conformer aux avis consultatifs de la Cour internationale de Justice. Il existe des mesures très concrètes, comme l'interdiction (...) du commerce de produits provenant des territoires occupés (...). Ces mesures relèvent tout simplement du respect du droit international », a rappelé l’Espagnol.

La ministre autrichienne, Beate Meinl-Reisinger, s’est montrée elle aussi plus réservée, mais dans le sens opposé : « Juridiquement parlant, toutes les options sont déjà envisagées, car ces produits ne sont pas couverts par l'exemption de droits de douane prévue par l'Accord d'association. Nous établissons donc déjà une distinction, mais nous rencontrons un problème majeur d'application, et je pense que c'est crucial ». (Camille-Cerise Gessant)

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