L’Union européenne a renforcé, lundi 11 mai, ses relations avec la Syrie, en réinstaurant la pleine application de son accord de coopération, mais également en développant son soutien technique et financier au pays.
« Aujourd’hui est un grand jour, un jour historique pour les relations entre la Syrie et l’Union européenne. Il marque une étape politique importante dans la réintégration de la Syrie comme partenaire de l’UE », a souligné la commissaire à la Méditerranée, Dubravka Šuica, devant les médias. « Nous posons les fondements d’un partenariat stratégique fondé sur l’engagement des deux parties. Après une interruption de 14 ans, il nous faut revitaliser ce partenariat », a ajouté le ministre syrien des Affaires étrangères, Assad al-Chaibani.
Le Conseil de l’UE a ainsi adopté une décision mettant fin à la suspension partielle de l'accord de coopération entre l'UE et la Syrie, abrogeant la décision de 2011 d’instaurer cette suspension (EUROPE 13852/5). Les deux parties souhaiteraient aussi avancer vers un accord d’association.
De plus, à l’issue du Forum de coordination du partenariat pour la Syrie, Dubravka Šuica a annoncé que l’UE travaillait à la mise en place d’un 'Pôle d'assistance technique'. Ce pôle, doté de 15 millions d'euros, aura pour objectif de renforcer les capacités des institutions syriennes. « Ce centre centralisera l'expertise technique, permettant ainsi un soutien plus rapide, mieux coordonné et plus efficace aux autorités syriennes », a expliqué Mme Šuica.
Elle a également annoncé une contribution de l'UE de 14 millions d'euros pour la réhabilitation de l'hôpital Al-Rastan à Homs.
Au-delà du plan de relance socioéconomique de 175 millions d'euros annoncé en juin 2025 (EUROPE 13653/24), l'UE travaille à la présentation, cet été, d'un financement supplémentaire de 280 millions d'euros pour 2026 et 2027, selon la commissaire. « Au total, ces 455 millions d'euros soutiendront les infrastructures, la relance socioéconomique, la cohésion sociale, la justice transitionnelle et le renforcement des institutions. Ce sont là, bien entendu, les fondements essentiels d'une Syrie stable, prospère et inclusive », a souligné Mme Šuica.
Le ministre a mis en avant plusieurs axes de travail. Tout d'abord, le rétablissement des infrastructures vitales de transport, d'électricité et d'énergie : « Sans un approvisionnement énergétique adéquat et des services de base permettant de reconstruire les secteurs de la santé, de l'éducation et de la scolarité, il est impossible d'avoir une économie florissante ». De plus, le pays a besoin de consolider les institutions nationales et d’assurer la durabilité et le renforcement des capacités sur le long terme, selon le ministre.
« Nous souhaitons nous concentrer sur la reconstruction et la création d'un environnement sûr pour le retour des Syriens dans leur pays », a-t-il souligné. Un retour qui se fera, « s’il est sûr, volontaire et digne », a promis la commissaire.
À l'issue du Conseil des Affaires étrangères, la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas, a annoncé que les ministres étaient convenus de lever les sanctions imposées aux ministres syriens de l'Intérieur et de la Défense.
Dans la soirée, le premier dialogue politique de haut niveau UE-Syrie devait permettre de poursuivre les discussions sur la coopération bilatérale et le soutien de l'UE au pays. (Camille-Cerise Gessant)