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Bulletin Quotidien Europe N° 13865
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres/dÉfense

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’UE se pencheront sur le soutien en Ukraine et la situation au Moyen-Orient

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE, puis leurs homologues de la Défense se réuniront à Bruxelles, lundi 11 et mardi 12 mai, avec des agendas semblables : soutien à l’Ukraine, situation au Moyen-Orient et évaluation des menaces auxquelles l’UE fait face.

Balkans occidentaux. En amont du sommet UE/Balkans occidentaux du 5 juin, les ministres des Affaires étrangères commenceront leur journée par un petit-déjeuner avec leurs homologues des pays de la région, pour discuter de leurs relations, avec un accent porté sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) - y compris les partenariats de sécurité et de défense - et la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Les ministres poursuivront ensuite la discussion à Vingt-sept. 

Ukraine. Comme à leur habitude, les chefs des diplomaties européennes discuteront, lundi, de la situation en Ukraine, avec leur homologue, Andrii Sybiha, puis du soutien que l’UE apporte au pays. La question de la reddition des comptes devrait être abordée, tout comme la poursuite de la pression sur la Russie, quelques jours après l’adoption du 20e paquet de sanctions (EUROPE 13855/1). 

Le Conseil devrait adopter des sanctions à l’encontre de responsables du kidnapping d'enfants ukrainiens, selon plusieurs sources, quelques minutes avant la tenue, à Bruxelles, de la réunion de haut niveau de la 'Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens'. Plus de 20 000 enfants auraient été enlevés depuis le début du conflit et seulement 2 000 auraient retrouvé leur famille.

Mardi, les ministres de la Défense se pencheront sur le soutien militaire à apporter à Kiev, à l'issue d'un échange de vues informel avec le ministre Mykhailo Fedorov, par vidéoconférence, et la secrétaire générale déléguée de l'OTAN, Radmila Shekerinska.

Le Conseil pourrait se pencher sur la livraison des équipements militaires, y compris à travers le volet militaire du prêt à l’Ukraine (EUROPE 13863/15) et sur la question des dérogations aux composants européens permise dans ce cadre.

Douze États membres auraient répondu à un courrier de la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas, et du commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, afin de cartographier les capacités que les États membres pourraient fournir à l'Ukraine. « La situation est contrastée, d'où l'importance de cette discussion. Nous espérons recevoir davantage d'offres », a souligné un haut fonctionnaire vendredi.

La coopération entre les industries de la défense de l’UE et de l’Ukraine sera aussi abordée. Il en sera de même pour la sécurité des garanties, dont le renforcement de la résilience de l’Ukraine, notamment à travers des réformes du secteur de la défense, le soutien aux vétérans, et la lutte contre le trafic des armes portatives, tout comme de la mise à jour des missions de l’UE en Ukraine (EUAM et EUMAM).

La question de la 'Facilité européenne pour la Paix' pourrait également être abordée, alors que 6,6 milliards d’euros sont toujours bloqués par la Hongrie. « 43 milliards d’euros de demandes de remboursement (des États membres pour des équipements livrés à l’Ukraine à travers la FEP) sont sur la table », a précisé un haut fonctionnaire. Il n’a pas encore été décidé si seulement 6,6 milliards seront remboursés, une fois les fonds débloqués, ou si plus d’argent pourrait être ajouté à la FEP pour l’Ukraine.

Moyen-Orient. Les ministres des Affaires étrangères examineront la situation au Moyen-Orient, notamment en Iran et dans le détroit d’Ormuz.

Le Conseil des Affaires étrangères se penchera en particulier sur les relations de l’UE avec les pays du Golfe et sur le rôle que l’UE peut jouer afin de parvenir à une solution durable, que ce soit en termes de cessation des hostilités ou de liberté de navigation. 1 500 navires seraient bloqués dans le Golfe en raison du conflit dans la région.

Dans ce contexte, les deux Conseils pourraient discuter du rôle que la mission maritime de l’UE EUNAVFOR ASPIDES en mer Rouge pourrait jouer et de la manière dont elle pourrait être utilisée ou renforcée pour aider à la sécurité régionale à une plus large échelle en complémentarité des autres formats existants. Une nouvelle fois, la Haute Représentante devrait appeler les États membres à fournir plus de moyens à ASPIDES.

Les ministres devraient également approuver l’inclusion, dans le régime de sanctions lié à l’utilisation des véhicules aériens sans pilote (UAV) par l’Iran, l’entrave à la liberté de navigation.

Les derniers développements au Liban et le soutien que l’UE pourrait apporter aux forces armées libanaises - à travers une mission de PSDC ou une nouvelle mesure d’assistance de la 'Facilité européenne pour la paix' - devraient faire l'objet de discussions.

Lundi, les États membres devraient se pencher une nouvelle fois sur la situation au Proche-Orient et les moyens de pression sur Israël que l’UE pourrait mettre en œuvre. La Haute Représentante devrait présenter une série d’options concernant les produits des colonies : des tarifs supplémentaires, des quotas, l’interdiction de commercer avec les colonies ou des mesures au niveau national. Un haut fonctionnaire a rappelé que certaines mesures nécessitaient une majorité qualifiée quand d’autres avaient besoin de l’unanimité.

Des mesures sur les produits des colonies - illégales au regard du droit international et à la suite de l’avis de la Cour internationale de justice de juillet 2024 - pourraient être plus consensuelles que la suspension de la partie commerciale de l’accord d’association UE/Israël. Le haut fonctionnaire a précisé que l’objectif de la discussion n’était pas une décision, mais « peut-être un accord politique ou une compréhension sur comment procéder ». Alors que certains États membres ont déjà décidé d’agir à titre individuel au niveau national sur les produits issus des colonies, un diplomate a rappelé que « le signal politique de le faire collectivement serait bien plus fort ».

Mme Kallas, qui s’est entretenue avec le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, devrait également informer les ministres à ce sujet.

Vendredi, plusieurs diplomates étaient divisés quant à une possible décision sur les sanctions à l’encontre de colons violents et contre des membres ou soutiens du Hamas lors du Conseil de lundi. Jusqu’à présent, la Hongrie bloquait l’adoption des mesures, mais l’arrivée du nouveau gouvernement, le 9 mai, pourrait faire évoluer la position hongroise. La position du nouveau gouvernement tchèque n’est pas non plus connue.

Le ministre espagnol pourrait aussi soulever la question du statut de blocage, pour bloquer les mesures américaines contre des responsables de la Cour pénale internationale et de l’ONU (EUROPE 13864/10).

Canada. Les ministres des Affaires étrangères s’entretiendront de manière informelle avec la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand.

Analyse des menaces. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE, puis ceux de la Défense, recevront une présentation des conclusions de l’analyse actualisée et exhaustive des menaces de l’UE. Cette analyse doit servir à la conception de la nouvelle 'Stratégie de sécurité de l’UE'.

État de préparation. Mardi, les ministres de la Défense débattront de la préparation de l'UE en matière de défense, en mettant l'accent sur la mise en œuvre, conformément aux conclusions du Conseil européen de mars 2026.

L'échange de vues sera précédé d'une réunion informelle avec Micael Johansson, président de l'Association européenne des industries aérospatiales, de sécurité et de défense (ASD). Selon un haut fonctionnaire; la discussion devrait porter sur la question de la production des équipements de défense aérienne.

Événements en marge des Conseils

- Syrie. Lundi, dans la soirée, la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, présidera le premier dialogue politique de haut niveau UE-Syrie, en présence du ministre des Affaires étrangères syrien, Asaad Hassan al-Shaibani.

Ce dialogue sera l’occasion de progresser vers la normalisation des relations entre l'UE et la Syrie et d'examiner les meilleurs moyens de soutenir les efforts des autorités de transition syriennes en faveur de la stabilisation du pays, du redressement socioéconomique et d'une transition politique inclusive.

Selon un haut fonctionnaire européen, l’UE devrait abroger, lundi, la suspension partielle de l’accord de coopération UE-Syrie, telle que proposée par la Commission européenne le 20 avril (EUROPE 13852/5).

Le dialogue à haut niveau sera précédé d’un Forum de coopération et de partenariat avec la Syrie, avec l'objectif de promouvoir une approche internationale coordonnée pour le redressement socioéconomique du pays. Les représentants syriens devraient y présenter leurs priorités, y compris d’un point de vue humanitaire.

Un haut fonctionnaire a précisé que l’UE allait lancer son ‘centre d’assistance technique’ pour répondre aux besoins techniques de l’administration syrienne.

- Agence européenne de défense. Mardi matin, avant la session du Conseil, les ministres de la Défense de l'UE se réuniront dans le cadre du comité directeur de l'Agence européenne de défense (AED). Les ministres devraient soutenir la première étape du renforcement du rôle de l’Agence, portant sur l’innovation et les achats conjoints (EUROPE 13820/13). (Camille-Cerise Gessant avec APH)

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