La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a annoncé, vendredi 8 mai, qu’elle allait proposer le doublement des fonds de la Facilité européenne pour la paix (FEP) pour la Moldavie.
« Par le biais de la FEP, nous avons déjà fourni 200 millions d’euros d’aide. (...) Je proposerai également aux États membres de doubler le financement de la Facilité à 120 millions d'euros par an. Il s'agirait de la plus importante mesure d'assistance de la FEP jamais accordée à un pays bénéficiaire après l'Ukraine », a-t-elle annoncé lors d’une conférence de presse aux côtés de la présidente moldave, Maia Sandu, à Chișinău.
« Le soutien de l'UE, avec la Facilité européenne pour la paix, est essentiel pour nous. Chaque investissement dans nos capacités de sécurité renforce la position de la Moldavie en tant que partenaire garantissant la stabilité régionale, la sécurité de la frontière orientale de l'Union et, plus largement, le projet européen », a soutenu Maia Sandu.
La Haute Représentante a également salué les progrès accomplis par le pays dans les réformes qu’il mène en vue de son adhésion à l’UE, soulignant la rapidité et la détermination de la Moldavie. Elle a également assuré que « la Transnistrie ne constituera pas un obstacle à l’avenir européen de la Moldavie ». Maia Sandu a détaillé les progrès du pays, notamment sur la modernisation de l’État, le renforcement des institutions, l'accroissement de la résilience, la sécurité énergétique ou encore le système judiciaire, la lutte contre la corruption et la liberté des médias.
« Notre objectif, notre but et notre engagement restent les mêmes : signer le traité d'ici 2028. Nous œuvrons à la réalisation de cet objectif. Bien sûr, nous souhaitons une décision concernant l'ouverture formelle des négociations dès que possible. En attendant, nous travaillons sur tous les groupes » de chapitres de négociations d'adhésion, a promis Maia Sandu.
La Haute Représentante a appelé à « saisir l'opportunité politique ou la fenêtre d'opportunité offerte par le changement de gouvernement dans différents pays » - sous-entendu, la Hongrie -, rappelant que de nombreuses élections allaient avoir lieu dans les prochains mois dans l’UE. « Nous devrions agir tant que personne ne s'oppose à la Moldavie, car on ne sait jamais quand un gouvernement pourrait arriver au pouvoir avec un différend bilatéral », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)