Les autorités tanzaniennes ont refusé la visite en Tanzanie de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen. Initialement prévue en février, cette mission avait été reportée à la fin du mois de mai à la demande des autorités tanzaniennes, afin de permettre à la commission nationale d’enquête chargée d’examiner les violences liées aux élections du 29 octobre 2025 d’achever ses travaux.
Selon le PE, l'intégralité de la mission européenne, cette fois-ci, a été refusée « sans fournir de justification précise » et malgré la présentation, le 23 avril dernier, des conclusions de la commission d’enquête nommée par le gouvernement tanzanien.
« Cette obstruction a de graves conséquences sur la capacité du Parlement européen à exercer son mandat. Le fait de nous refuser l’accès nous empêche d’assurer le suivi de nos récentes résolutions sur la Tanzanie, d’exercer un contrôle parlementaire adéquat sur les projets relatifs aux droits humains financés par l’UE, et d’échanger directement avec les principaux partenaires du pays - y compris la principale institution africaine de défense des droits humains, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples », a déploré, jeudi 7 mai, le président de la sous-commission des droits de l’homme, Mounir Satouri (Verts/ALE, français).
En novembre dernier le PE avait adopté une résolution par laquelle il s'opposait à la mise à disposition de fonds européens à la Tanzanie pour 2026 (EUROPE 13761/19).
La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, avait exprimé la grande préoccupation de l’Union face au climat de l’élection présidentielle (EUROPE 13744/14). (Bernard Denuit)