Les ministres des Finances des pays de la zone euro évoqueront, lundi 4 mai, les mesures budgétaires d'urgence prises pour aider les secteurs vulnérables à affronter la flambée des prix énergétiques provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Réuni en format élargi, l'Eurogroupe évaluera les mesures budgétaires prises par les États membres pour aider les secteurs d'activité les plus affectés, alors que la Commission vient de présenter un encadrement spécifique pour les aides d'État liées à la guerre au Moyen-Orient (EUROPE 13859/1).
S'il existe un consensus pour dire que ces mesures doivent être ciblées, temporaires et proportionnées, il semble que la tentative de coordination s'arrête-là. D'après le centre de réflexion Bruegel, sur environ 10 milliards d’euros de dépenses budgétaires prises pour atténuer l’impact de la guerre sur les factures d’énergie, près de 80% d'entre elles ne sont pas ciblées (EUROPE 13858/22).
Pourrait être discutée la demande de l'Espagne et de l'Italie en faveur de l'activation de la clause dérogatoire du Pacte de stabilité et de croissance après que les Vingt-sept ont demandé aux ministres des Finances de préparer des mesures d'ici fin mai (EUROPE 13856/3).
« La situation actuelle ne correspond pas vraiment aux conditions nécessaires pour activer les clauses dérogatoires du Pacte », a toutefois déclaré, jeudi 30 avril, un diplomate européen.
Et d'ajouter : « Compte tenu du fait que, dans la courte histoire du nouveau cadre de gouvernance budgétaire, nous avons déjà mis en place une série de clauses dérogatoires nationales pour la défense, je ne pense pas qu’il y ait une grande appétence pour inventer à nouveau un moyen de contourner les règles. Cela est d’autant plus vrai que l’espace budgétaire est limité et que les marchés surveillent attentivement nos actions ».
Un représentant du FMI présentera aux ministres son appréciation des mesures budgétaires adéquates.
Finances. Les ministres feront le point sur les travaux en cours relatifs à la finance numérique. « L’objectif de ce chantier de travail est de suivre de près les évolutions technologiques et les préférences en matière de paiement, qui sont en train de transformer notre système financier et auront un impact important sur la compétitivité de notre secteur financier », a indiqué ce même diplomate européen.
Parallèlement, une analyse technique approfondie du cadre réglementaire européen se poursuit afin de déterminer le juste équilibre entre le soutien à l’innovation et la préservation de la stabilité financière.
Une déclaration de l'Eurogroupe sur la finance numérique est attendue d'ici l'été.
Par ailleurs, le Français Christian Noyer et l'Allemand Jörg Kukies présenteront aux ministres le rapport 'FIVE' sur le financement des entreprises en phase de croissance ('scale-up financing').
Le chantier en cours de l'euro numérique devrait être à l'agenda de l'Eurogroupe de mai.
Banques. L'Eurogroupe dressera un traditionnel état des lieux de l'union bancaire dans l'Eurozone, en présence des présidents du Conseil de supervision unique (SSM) et du Conseil de résolution unique (SRB). Il se penchera sur la question de la consolidation du secteur bancaire, alors que le gouvernement allemand refuse que le groupe italien UniCredit prenne le contrôle de la banque allemande Commerzbank.
Cette discussion s'intègre dans les travaux en cours visant à alimenter la réflexion de la Commission qui présentera, en juillet, une communication sur la compétitivité du secteur bancaire de l'UE (EUROPE 13852/17, 13850/19). (Mathieu Bion avec Bernard Denuit)