Les députés européens ont plaidé, lors d’un débat en plénière organisé mercredi 29 avril dans la soirée, pour une plus grande implication de l’UE dans la résolution de la crise libanaise et pour aider l’État libanais du point de vue sécuritaire.
Le conflit entre le Hezbollah et Israël a déjà fait plus de 2 500 morts et 1,2 million de déplacés, et le cessez-le-feu en place depuis le 17 avril reste fragile, avec des violations régulières.
« Le gouvernement libanais actuel dit qu’il veut faire des réformes en profondeur et rejeter le joug du Hezbollah, mais l’Europe doit l’aider dans les réformes et s’engager pour garantir la sécurité du Liban », a souligné Wouter Beke (PPE, belge).
Selon Alberico Gambino (ECR, italien), « il est fondamental de soutenir le renforcement des institutions libanaises. Seul un État fort et souverain sera à même d’assurer une stabilité et une sécurité durables ». « Cela ne sera pas possible tant que le Hezbollah continuera d'opérer comme une force armée autonome », a-t-il dénoncé.
« Le retour de la paix au Liban doit figurer dans nos priorités. Sa condition essentielle est l’affirmation de l’État libanais partout sur le territoire, et donc la neutralisation de tout concurrent intérieur », a ajouté Pierre-Romain Thionnet (PfE, français). Selon lui, pour que le pays s’affirme, « il n’y a pas d’institutions plus légitimes que l’armée libanaise elle-même » et l’UE doit donc « accompagner la montée en puissance de l’armée libanaise ».
De son côté, François Xavier Bellamy (PPE, français) a estimé que la « seule chance pour le peuple libanais de retrouver la paix, la sécurité, sa souveraineté et sa pleine démocratie est le désarmement du Hezbollah dans le respect des décisions de la communauté internationale et des résolutions des Nations Unies. Et c’est à cela que la France et l’Europe doivent concourir sur le terrain par tous les moyens possibles ».
Plusieurs députés européens, à l'instar de Christophe Grudler (Renew Europe, français), se sont inquiétés de la prochaine fin du mandat de la Force des Nations Unies au Liban (FINUL) « sans garantie de remplacement alors que nous avons besoin d’une force sur place pour rendre compte des agissements des uns et des autres ».
Des eurodéputés ont appelé à faire pression sur Israël. « L’Europe a des leviers, l’accord d’association avec Israël, ses financements, sa voix... Qu’elle s’en serve pour assurer un vrai respect du cessez-le-feu et garantir un accès humanitaire réel ! Le peuple libanais mérite une Europe qui agit ! », a souligné Christophe Grudler. Selon Leoluca Orlando (Verts/ALE, italien), l’UE doit suspendre les relations avec Israël, estimant qu’il était « plus que temps d’agir pour mettre fin à la folie criminelle du gouvernement de Netanyahou ». « Combien de sang faut-il verser avant d'en finir avec Netanyahou ? (…) Il faut protéger le droit international, (….) sanctionner enfin Israël », a ajouté Giorgios Georgiou (La Gauche, chypriote).
« Comme vous, je veux voir l’UE jouer plus qu’un rôle de donateur, un rôle de médiateur crédible, engagé auprès du Liban. C’est ce que fait et continue de faire l’Europe », a souligné la commissaire européenne Hadja Lahbib, qualifiant d’injustes les propos des députés qui prétendent que l’UE ne fait rien. Mme Lahbib a rappelé que l’Union avait déjà débloqué cent millions d'euros d'aide humanitaire et mis en place un pont aérien humanitaire. « Le septième vol coïncidera avec ma visite au Liban la semaine prochaine », a-t-elle annoncé lors du débat. « 100 millions, c’est beaucoup, mais aussi insuffisant au regard des destructions qui continuent », a-t-elle reconnu. (Camille-Cerise Gessant)