Pour l’UE, « les préoccupations géopolitiques coïncident avec une dépendance croissante à l'égard du gaz naturel liquéfié américain » (GNL), a estimé l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) dans un rapport publié jeudi 23 avril.
Les importations de GNL venu des États-Unis, qui ont bondi d’un « impressionnant » 45% en un an à la faveur de la baisse des achats européens de gaz russe, représentent désormais 30% des importations totales de gaz de l’UE et près de deux tiers de ses importations de GNL.
Ce rapport, qui analyse les tendances des marchés gaziers lors de l’hiver passé (d’octobre 2025 à mars 2026) se projette aussi sur les prochains mois dans le contexte des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient. Le scénario d’un arrêt prolongé à toute l’année 2026 de la production du Qatar, d’où l’UE importait auparavant 7% de son GNL, inquiète en particulier l’ACER.
Globalement, le conflit pourrait « amputer les exportations mondiales de GNL de 20% » et ainsi susciter « une pénurie mondiale d’approvisionnement à hauteur de 26 milliards de m3 de GNL », prévient l'agence européenne. Forcés d’augmenter leur recours aux marchés spot de GNL, les Européens risquent alors de subir « une concurrence avec l’Asie pour les cargaisons de GNL flexibles [qui] pourrait faire monter les prix », alerte-t-elle.
Cependant, aux niveaux actuels d’importations de GNL de l’UE, et avec une demande semblable à celle de 2025, les pays membres pourraient réussir à remplir leurs stocks de gaz à 80% en amont de l’hiver prochain, selon le rapport.
Dans son plan 'AccelerateEU', dévoilé mercredi, la Commission européenne a insisté sur la nécessaire coordination des stratégies des Vingt-sept en matière d'approvisionnement en gaz (EUROPE 13854/1)
Voir le rapport de l'ACER: https://aeur.eu/f/lnv (Clément Solal)