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Bulletin Quotidien Europe N° 13855
POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ animale

Des avancées disparates pour les poissons d’élevage, selon la Commission européenne

Un rapport de la Commission européenne, publié jeudi 23 avril, met en évidence des lacunes persistantes dans la protection du bien-être des poissons d’élevage en Europe, malgré des initiatives jugées prometteuses dans certains pays.

Ce document dresse un état des lieux des pratiques dans les États membres de l’UE ainsi qu’en Norvège, premier exportateur de produits aquacoles vers le marché européen. Il souligne la nécessité d’harmoniser les normes et de renforcer les dispositifs de contrôle.

La Commission constate que la majorité des pays européens ne disposent pas de législation spécifique au bien-être des poissons d’élevage, se contentant d’appliquer des règles générales de l’UE sur le bien-être animal. La Finlande fait figure d’exception, avec une loi dédiée en vigueur depuis 2010, qui prévoit notamment des contrôles quotidiens obligatoires, des systèmes d’alerte sur la qualité de l’eau et des protocoles stricts de manipulation et de transport.

En Norvège, pays pionnier de l’aquaculture, certaines pratiques controversées, comme l’utilisation de CO2 pour l’étourdissement, ont été interdites.

Sur le terrain, les inspections restent limitées et peu homogènes. En Grèce, en Espagne et au Danemark, les contrôles du bien-être sont le plus souvent intégrés aux inspections sanitaires générales, sans protocole spécifique. En Allemagne, les autorités locales s’appuient sur des recommandations du Conseil de l’Europe, mais sans seuils clairement définis concernant la qualité de l’eau ou la densité d’élevage. La Finlande prévoit d’étendre ses inspections systématiques dans les cinq prochaines années, en combinant santé et bien-être animal.

Le transport fait l’objet d’une attention croissante, avec des listes de contrôle nationales, notamment au Danemark et en Grèce, visant à vérifier l’oxygénation ou la température de l’eau. Toutefois, l’absence de valeurs limites harmonisées complique l’évaluation objective des pratiques.

Face à ces lacunes réglementaires, certains acteurs de l’industrie et de la recherche avancent plus rapidement, notamment en Norvège (caméras sous-marines) et en Espagne (étourdissement électrique pour les daurades et les bars, une méthode jugée plus respectueuse que l’immersion dans la glace, encore largement utilisée). Des guides de bonnes pratiques ont également été élaborés en Grèce, en Espagne et en Finlande, couvrant notamment les indicateurs de bien-être et les méthodes d’abattage.

La Commission européenne propose aux États membres d’intégrer davantage le bien-être des poissons dans leurs plans nationaux de contrôle et de développement de l’aquaculture, et de définir des seuils clairs pour les principaux indicateurs. 

Lire le rapport : https://aeur.eu/f/lo1 (Lionel Changeur)

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