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Bulletin Quotidien Europe N° 13813
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

L’Ukraine et le Moyen-Orient de nouveau au centre des discussions des ministres européens des Affaires étrangères ce lundi

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réuniront lundi 23 février à Bruxelles pour discuter, une nouvelle fois, de la situation en Ukraine et des événements au Moyen-Orient.

En amont du Conseil, les ministres se retrouveront pour un petit déjeuner sur la manipulation de l'information et les ingérences étrangères, notamment de la Chine et la Russie, et sur la manière de mieux les contrer.

Ukraine. Après leur traditionnel échange avec leur homologue ukrainien, les ministres pourraient adopter le 20e paquet de sanctions à l’encontre de la Russie. « Lundi prochain, nous prévoyons d'adopter le 20e train de sanctions contre la Russie », a précisé la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, depuis Cracovie (voir autre nouvelle), vendredi matin. Dans l’après-midi, un haut fonctionnaire du Service européen pour l’action extérieure espérait un accord pour mardi 24, jour du quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine.

Vendredi 20 février, à l'heure de notre bouclage, les discussions se poursuivaient entre les États membres de l’UE, notamment sur l’interdiction totale des services maritimes pour le pétrole brut russe. La majorité des États membres y seraient favorables, y compris sans attendre leurs partenaires du G7. Dans sa présentation du paquet de mesures, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souhaitait que la mesure soit prise en coordination avec des partenaires partageant les mêmes vues, après une décision du G7. « Il y a des discussions au niveau de l'UE et au niveau du G7. L'important n'est pas de savoir qui y parvient en premier », a précisé un haut fonctionnaire.

Le Conseil pourrait adopter des sanctions à l’encontre de plusieurs personnes liées à des violations des droits de l’homme.

La Haute Représentante pourrait aussi informer les ministres sur le prêt de 90 milliards d’euros pour 2026-2027, qui n’a pas pu faire l’objet d’un accord vendredi en raison d’une réserve hongroise (voir autre nouvelle).

Les ministres devraient une nouvelle fois discuter du soutien militaire à l’Ukraine, des négociations de paix en cours et des garanties de sécurité européenne. Mardi, le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, coprésideront une réunion de la 'Coalition des volontaires' en visioconférence. Cette réunion « doit permettre de réitérer l'engagement des 35 pays participants aux côtés de l'Ukraine, pour l'aider à faire advenir les conditions d’une paix robuste et durable qui garantisse la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe », selon l’Élysée.

La Haute Représentante pourrait en outre présenter aux ministres son document officieux intitulé 'Intérêts fondamentaux de l'Europe pour une paix globale, juste et durable et la sécurité du continent', révélé par RFE/RL, qui détaille les concessions que la Russie devrait faire dans le cadre des négociations en cours avec l'Ukraine, dont la réduction du nombre de troupes russes et leur retrait des pays voisins, le versement de réparations, la reddition des comptes et la nécessité de démocratiser la société. Selon FRE/RL, le document exige aussi que la Russie mette fin aux campagnes de désinformation, aux actes de sabotage, aux cyberattaques, aux violations de l'espace aérien et aux ingérences dans les élections sur le territoire européen et dans les pays voisins. Le document serait loin de faire l’uninamité entre les États membres, certains s’interrogeant sur la pertinence de sortir un tel document en ce moment.

Moyen-Orient. Le Conseil discutera ensuite de la situation au Proche-Orient, notamment du 'Conseil de la paix', dont la première réunion s’est tenue le 19 février à Washington DC en présence de la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica – participation qui a fait l’objet de reproches de certains États membres, dont la France, et des présidents/coprésidents des groupes S&D, Renew Europe et Verts/ALE au Parlement européen -, et de représentants de 14 États membres, dont la plupart en position d’observateurs.

À l’occasion de ce 'Conseil de la paix', le président américain, Donald Trump, a annoncé que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis « plus de 7 milliards de dollars » pour reconstruire la bande de Gaza.

Par ailleurs, selon le général américain Jasper Jeffers, cinq pays – l'Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie - se sont déjà engagés à fournir des troupes à la force de stabilisation. Le Haut Représentant pour Gaza, Nikolay Mladenov, a annoncé, de son côté, le début du recrutement d'une nouvelle force de police palestinienne dans la bande de Gaza, précisant que « dès les premières heures, 2 000 personnes ont postulé pour rejoindre » cette force. En parallèle, Mme Šuica et le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, se sont entretenus notamment sur le soutien de l'UE à la formation d'agents de police palestiniens alors que la mission EUPOL COPPS pourrait participer à cette formation et que la Jordanie et l’Égypte se sont engagées à former des policiers sur leur sol. 

Les ministres accueilleront Nikolay Mladenov pour un déjeuner de travail afin de discuter de la situation à Gaza.

Le Conseil pourrait aussi se pencher sur les dernières décisions d'Israël pour étendre sa présence illégale en Cisjordanie (EUROPE 13811/29). La possibilité d’adopter des mesures contre Israël, notamment contre les colons violents, devrait de nouveau être soulevée par des États membres.

Les ministres pourraient en outre discuter de la Syrie, notamment des violences dans le nord-est du pays et de la situation des membres de Daesh et de leurs familles, prisonniers dans le pays. Ils pourraient discuter des mesures pour soutenir le nouveau gouvernement, notamment de l’organisation d’un dialogue à haut niveau.

Enfin, le Conseil pourrait revenir sur l’Iran, que ce soit sur la répression des manifestations pacifiques ou les programmes nucléaire et balistique du pays et le risque d’intervention militaire des États-Unis contre le pays. Les ministres pourraient discuter de sanctions supplémentaires contre certains responsables de la répression. (Camille-Cerise Gessant)

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