Les inégalités de genre dans le domaine de la santé ne relèvent pas uniquement de pratiques médicales ou de comportements individuels. Selon un rapport publié mercredi 28 janvier par la Direction générale de la Justice et des Consommateurs (DG JUST) de la Commission européenne, elles relèvent également de choix juridiques relatifs à l’accessibilité aux soins, aux conditions de cette accessibilité et à l’identité des patientes.
L’étude dédiée aux discriminations de genre dans l’accès aux soins estime que ces inégalités tiennent à la manière dont les systèmes de santé définissent les soins accessibles, les conditions de prise en charge et les publics couverts.
Au sein de l'Union européenne, on constate ainsi que, si les femmes vivent plus longtemps que les hommes, elles passent davantage d’années en mauvaise santé. Elles sont plus touchées par les troubles de santé mentale et, jusqu’un tiers d’entre elles ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie, également dans le cadre de soins.
Le rapport rappelle que le droit de l’UE porte déjà sur des problématiques telles que l’accès aux soins pour les victimes de violences, la protection contre le harcèlement dans les établissements de santé ou encore les règles qui encadrent les soins effectivement pris en charge.
En s’appuyant sur une analyse comparative des États membres, la Commission observe toutefois que cet arsenal juridique n’est pas toujours utilisé contre les violences obstétricales, la faible prise en compte du genre dans la recherche médicale ou les difficultés rencontrées par les femmes migrantes, et appelle, par conséquent, à y recourir davantage.
Le rapport : https://aeur.eu/f/kk9 (Nithya Paquiry)