Aucun président du trio institutionnel ne s'est officiellement exprimé, lundi 6 octobre, après la large victoire du parti ANO d'Andrej Babiš aux élections législatives tchèques de ce week-end.
Avec 80 sièges sur 200 au Parlement national, le parti ANO devra trouver la solution pour gouverner la République tchèque. M. Babiš pencherait davantage pour un gouvernement minoritaire s'appuyant sur les partis d'extrême droite SPD et des Automobilistes. Serait ainsi contourné l'obstacle du président tchèque, Petr Pavel, qui refuse de nommer des personnalités opposées au maintien du pays dans l'UE et l'OTAN. Les discussions pourraient prendre plusieurs mois.
Un futur gouvernement 'Babiš' devrait être hostile à l'action environnementale de l'UE, notamment la fin du moteur thermique dans les véhicules neufs après 2035, et s'opposer aux négociations d'adhésion de l'Ukraine. Sur le renforcement des dépenses militaires, M. Babiš a estimé que le pilotage de l'initiative européenne visant à fournir deux millions de munitions à l'Ukraine, dans lequel la République tchèque jouera un rôle prépondérant, devrait incomber à l'OTAN (EUROPE 13601/5).
Interrogée sur cette question, la Commission européenne a indiqué que la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, était en contact avec les États membres pour qu'ils renforcent le soutien dans le but d'atteindre « 80% » de l'objectif fixé. La question sera discutée par les ministres européens de la Défense mercredi 15 octobre à Bruxelles.
Jusqu'aux élections européennes de juin 2024, le parti ANO siégeait au sein du groupe de centre droit Renew Europe. Depuis le début de la nouvelle législature, M. Babiš a participé à la création du groupe d'extrême droite PfE avec le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán.
Ce dernier s'est d'ailleurs félicité que les Tchèques aient gardé « leur sang-froid » lors des élections législatives, et de pouvoir compter « un nouvel allié dans les batailles à venir à Bruxelles ». (Mathieu Bion)