La Commission européenne doit présenter, mercredi 8 octobre, sa stratégie d'application de l'intelligence artificielle - 'Apply AI Strategy' -, une initiative qui doit promouvoir les outils d'IA fabriqués en Europe pour assurer sa sécurité et sa résilience et renforcer sa compétitivité industrielle, en mettant en garde contre le risque que la technologie soit « instrumentalisée » par des rivaux géopolitiques.
Le document, qu'Agence Europe a pu se procurer, est articulé autour de trois sections : les difficultés qui se posent pour la mise en application de l'IA par les PME, les secteurs critiques pour le déploiement large de l'IA et l'établissement d'un mécanisme de gouvernance unique.
Comme annoncé, cette stratégie souligne l'importance d'accélérer sur l'adoption de l'IA dans de nombreux secteurs, tels que la santé, la défense et l'industrie manufacturière, l'énergie ou le secteur public.
La Commission envisage de « renforcer la souveraineté de l'UE en matière d'IA » en accélérant l'utilisation et le développement d'outils d'IA européens, tels que l'IA générative, qui pourraient être largement adoptés par les administrations publiques et les secteurs critiques.
Au cœur de cette volonté, la nécessité, pour l'Union, de moins dépendre d'acteurs tiers dans la course à l'IA, particulièrement lorsque celle-ci est utilisée par des organisations ou entreprises considérées comme 'sensibles'.
Dans le domaine de la santé, la Commission souhaite mettre en place des centres de dépistage avancés basés sur l'IA (EUROPE 13723/30), adossés à un futur « réseau européen d'expertise sur le déploiement de l'IA dans le domaine ».
Dans l'industrie manufacturière et la défense, le document préconise de favoriser les outils d'origine européenne, que ce soit dans le domaine des drones ou des communications, à travers une 'feuille de route' sur la « transformation de la défense européenne ».
Le document, qui peut être sujet à des modifications d'ici sa présentation mercredi, met en garde contre les « dépendances externes de la structure IA » - l'infrastructure et les logiciels nécessaires pour créer, former et gérer les applications d'IA - qui « peuvent être utilisées comme arme » par des « acteurs étatiques et non étatiques ».
À travers cette stratégie, la Commission réaffirme sa volonté de réduire drastiquement les dépendances européennes dans le secteur, notamment à l'égard de la Chine et des États-Unis , actuellement leaders sur le marché mondial de l'IA.
Le document place l'IA comme un « atout stratégique », qui doit être étroitement intégré dans les systèmes institutionnels, industriels et de sécurité de l'UE afin de servir la productivité européenne et son indépendance stratégique.
Dans le texte, l'IA est également décrite comme un facteur de productivité, dont l'utilisation doit être favorisée au sein des PME et des entreprises européennes. Des modèles « spécialisés, plus réduits » que les modèles d'IA généraux, doivent être « développés » et soutenus pour les secteurs spécifiques.
Voir la Stratégie : https://aeur.eu/f/IT1 (Isalia Stieffatre)