L’introduction de registres nationaux de presse contrôlés par l'État, auxquels les éditeurs de presse seraient légalement tenus d’adhérer, pourrait devenir facilement un moyen de subordonner la liberté des médias à une approbation par l’État, selon News Media Europe, l’Association européenne des médias magazines (EMMA) et l’Association européenne des éditeurs de journaux (ENPA).
Les trois organisations ont dénoncé, jeudi 2 octobre, la volonté de « plusieurs pays européens » d’introduire de tels registres nationaux obligatoires. Selon elles, cela reviendrait à « déformer la substance et l’intention » de l’article 6 du règlement sur la liberté des médias (EUROPE 13695/21). Ce dernier demande aux prestataires de services de médias de rendre publiques des informations relatives à leur propriété et à leur financement et aux États membres de confier à des entités nationales le développement d'une base de données pour recueillir ces informations.
Imposer la création de registres reviendrait, selon les trois organisations, à « transformer l’obligation des États membres de créer des bases de données en une obligation d’enregistrement pour les prestataires de services de médias ». News Media Europe demande que la tradition d'autorégulation de la presse dans la plupart des États membres soit respectée. (Florent Servia)