Trente-quatre anciens ambassadeurs de l’UE ont appelé l’Union européenne, dans une lettre publiée le 22 juillet, à agir face au « spectacle effroyable d'Israël perpétrant quotidiennement des atrocités contre le peuple palestinien, surtout à Gaza, mais aussi en Cisjordanie occupée ».
Ils appellent tous les dirigeants et gouvernements de l'UE, « en particulier ceux qui ont empêché le Conseil du 15 juillet d'agir contre les violations flagrantes des droits humains et humanitaires commises par Israël, à prendre toutes les mesures nécessaires et réalisables, conformément au droit international, européen et national, pour mettre fin à ces atrocités » (EUROPE 13681/2).
« Le monde se souviendra de la manière dont l'UE et ses États membres ont réagi à cette tragédie catastrophique. Le silence et la neutralité face au génocide constituent une complicité. L'inaction enhardit les auteurs et trahit tous les principes que l'Union et ses États membres prétendent défendre », préviennent les ambassadeurs.
Selon eux, les mesures devraient notamment comprendre la reprise, « immédiatement et à grande échelle », des livraisons d'aide internationale, dans le plein respect des principes fondamentaux du droit international humanitaire.
La suspension avec « effet immédiat » de toutes les exportations d'armes et de biens à double usage vers Israël, l’interdiction du commerce avec les colonies israéliennes et celle des relations commerciales et d'investissement de l'UE et des États membres avec toute entité exerçant des activités dans les colonies ou en bénéficiant sont aussi mises en avant.
Les ambassadeurs demandent la suspension de tous les accords commerciaux préférentiels avec Israël au titre de l'accord d'association et l’annulation de la participation d'Israël à Horizon Europe et à tous les programmes de recherche, universitaires et technologiques à double usage de l'UE.
Ils souhaitent en outre que des sanctions ciblées soient imposées aux ministres, responsables gouvernementaux, commandants militaires et colons violents israéliens responsables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, de facilitation de génocide et de terrorisme d'État.
Enfin, les ambassadeurs demandent aux États membres de reconnaître l'État palestinien à l'occasion de la conférence des Nations Unies à New York, les 28 et 29 juillet.
Les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper) doivent de nouveau se pencher sur la mise en œuvre de l’accord entre l’UE et Israël sur la fourniture de l’aide humanitaire à Gaza, ce mercredi.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/i0y (Camille-Cerise Gessant)