Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a prévenu qu’il opposerait son veto au cadre financier pluriannuel pour 2028-2034, si la Commission ne débloquait pas les fonds gelés pour la Hongrie, lors d’un discours à l’université d’été de Băile Tușnad, en Roumanie, samedi 26 juillet.
Le versement de près de 20 milliards d’euros destinés à la Hongrie a été suspendu par l’UE depuis fin 2022 pour non-respect de l’État de droit et ingérence du pouvoir dans l'administration des universités.
« L’approbation du nouveau budget européen sur sept ans nécessite l’unanimité », a rappelé Viktor Orbán. Dans une publication sur le réseau social X, le Premier ministre hongrois a estimé que le projet de budget de l'UE à long terme était « fondé sur la logique de la guerre ».
« Des milliards pour l'Ukraine, des miettes pour les agriculteurs et le développement », a-t-il résumé à propos de la proposition faite par la Commission européenne, le 16 juillet, d'un CFP 2028-2034 dont le montant s'élève à près de 2 000 milliards d'euros (EUROPE 13682/1).
La volonté de la Commission de généraliser la conditionnalité liée au respect de l'État de droit à l'ensemble du budget ne devrait pas davantage plaire au Premier ministre hongrois, qui a maintes fois reproché à la Commission d'utiliser le mécanisme de conditionnalité comme un outil de pression politique (EUROPE 13548/22).
Outre la suspension des paiements, utilisée dans le cadre de Next Generation EU, la Commission compte, dès le départ, soumettre les paiements au respect de l’État de droit. (Florent Servia)