Les ministres et représentants de ministres de l’Intérieur des Vingt-sept se sont penchés, mardi 22 juillet à Copenhague, sur la préparation aux crises de toute nature : climatique, militaire ou sanitaire.
Sur la base de la récente communication de la Commission sur les stratégies de stockage dans les pays membres (EUROPE 13377/18), les ministres ont insisté sur la nécessité d’utiliser sagement les ressources pour gérer les crises et d’assurer la bonne coopération entre les différents niveaux, nationaux ou de l’UE, a résumé le ministre danois compétent, Torsten Schack Pedersen.
Les États membres veulent « des mécanismes de protection civile forts » et « une meilleure compréhension des risques et de leurs effets en cascade », a commenté pour sa part la commissaire Hadja Lahbib, alors qu’une récente interruption au Danemark du système de paiement numérique a provoqué des perturbations pour le trafic routier.
La session a aussi montré la volonté des pays membres d’impliquer les citoyens, de prendre en compte le public le plus fragile, de se doter d’ambitieux systèmes d’alerte précoce, mais aussi de renforcer la coopération civile et militaire et d’impliquer également le secteur privé.
Lors de cette discussion, toutefois, les ministres ont également soulevé à plusieurs reprises la nécessité de respecter la subsidiarité, a ajouté la commissaire.
Cette dernière a également passé « un message très clair : dédiez les financements adéquats » aux stratégies de préparation.
La coopération civile-militaire est un élément fondamental et transversal de la construction d'une Union de la préparation, avait écrit la Présidence danoise du Conseil de l’UE dans une note de préparation. « Nous étudions un nombre croissant de scénarios, d'origine naturelle ou humaine, dans lesquels les autorités civiles auront besoin d'un soutien militaire, et inversement ». En cas d'événements météorologiques extrêmes, tels que des incendies de forêt, des inondations, des tremblements de terre, des pannes de courant et des scénarios hybrides, les autorités civiles auront probablement de plus en plus besoin d'un soutien militaire.
« De même, en cas de crise sécuritaire ou d'agression armée touchant un ou plusieurs États membres, les autorités civiles devront soutenir les efforts militaires, tout comme des efforts importants de protection civile pourraient être nécessaires simultanément. Il est donc probable que l'UE et ses États membres soient confrontés à une pression considérable sur les capacités civiles individuelles et collectives de préparation, y compris, mais sans s'y limiter, la protection civile ». Il faut aussi renforcer les synergies UE-Otan.
En arrivant à Copenhague, le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a estimé indispensable de « lutter ensemble », au moment où le « dérèglement climatique » provoque des feux de « plus en plus intenses, et pas qu’au Sud » de l’UE.
Par ailleurs, le ministre a salué le lancement en France ces derniers jours d’un « Erasmus des jeunes sapeurs pompiers », avec huit nationalités différentes « venues voir comment notre système fonctionne ».
« Une meilleure résilience, c’est une meilleure culture du risque », a ajouté le Français. « Il faut motiver les jeunes pour la sécurité civile, et cela dès le plus jeune âge ». (Solenn Paulic)