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Bulletin Quotidien Europe N° 13660
ACTION EXTÉRIEURE / Moyen-orient

Les dirigeants du G7 tentent de trouver un langage commun sur le conflit entre Israël et l'Iran

Réunis à Kananaskis, au Canada, du dimanche 15 au mardi 17 juin, les dirigeants des pays du G7 ne sont pas tout à fait sur la même ligne concernant la résolution du conflit militaire qui perdure depuis vendredi 13 juin entre Israël et l'Iran. Ils devraient toutefois tenter d'adopter une déclaration commune sur ce sujet d'ici la fin du sommet.

« Nous ferons une proposition visant à rédiger un communiqué final sur ce sujet, dans lequel nous soulignerons une nouvelle fois que l'Iran ne doit en aucun cas entrer en possession de matériel pouvant servir à la fabrication d'armes nucléaires », a affirmé le chancelier allemand, Friedrich Merz. Et de préciser que le texte affirmerait « le droit légitime de l'État d'Israël à se défendre ».

Quant au Premier ministre britannique, Keir Starmer, il s'est dit confiant que les membres du G7 allaient appeler à l'apaisement : « Je pense qu'il existe un consensus en faveur d'une désescalade ».

Enfin, sur un ton plus menaçant que celui de ses homologues, le président américain, Donald Trump, a mis l'Iran en garde, lundi 16 juin. Il a appelé le pays à « négocier immédiatement avant qu'il ne soit trop tard ». 

Les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts et plus d'un millier de blessés en Iran, selon le ministère iranien de la Santé. Dans le camp d'en face, Israël déplore au moins 24 morts dûs aux tirs iraniens.

Réunion extraordinaire des États membres. Dans ce contexte, la Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a convoqué les ministres des Affaires étrangères de l'UE pour une réunion extraordinaire en visioconférence, mardi 17 juin dans la matinée. 

La réunion des ministres de l'UE a pour objectif d'au moins coordonner les efforts diplomatiques avec les deux pays et de discuter des prochaines étapes. Plusieurs ministres souhaitent évoquer l'impact du conflit sur toute la région.

À noter que les ministres ne devraient pas aborder le sujet de la révision de l'accord d'association entre l'UE et Israël ce mardi.

Au vu de l'escalade militaire entre Israël et l'Iran, Kaja Kallas a déclaré au nom des vingt-sept États membres de l'UE, samedi 14 juin, que la diplomatie devait prévaloir.

Prônant également le dialogue pour mettre fin au conflit, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est entretenue par téléphone avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, lundi 16 juin. Au cours de cet échange, elle s'est dite « alignée » avec son interlocuteur sur le fait que l'Iran ne doit jamais disposer de l'arme nucléaire. Et de souligner que l'Iran est « la source principale d'instabilité régionale ». Par ailleurs, Israël « a le droit de se défendre », selon Mme von der Leyen. 

Interrogé sur ce dernier point, le porte-parole de la Commission européenne chargé des Affaires étrangères, Anouar El Anouni, n'a pas indiqué si la Commission considérait donc l'attaque israélienne contre l'Iran initiée vendredi 13 juin comme un acte de légitime défense. 

Mais il est clair, pour la Commission européenne, que l'Iran développe des capacités nucléaires, et qu'il viole ainsi ses obligations dans le cadre du traité de non-prolifération des armes nucléaires, a répété le porte-parole. Et de citer, comme l'a fait la présidente de la Commission, la résolution de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) du 12 juin, qui fait état d'une violation de la part de l'Iran de son accord de garanties avec l'AIEA (https://aeur.eu/f/hco ). 

Dans ce contexte, le directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, a toutefois insisté, le 13 juin, sur le fait que « les installations nucléaires ne devaient jamais être attaquées, quel que soit le contexte ou les circonstances, car tant les populations que l’environnement pourraient en pâtir ». (Léa Marchal)

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