Lors d’un débat au Parlement européen, jeudi 8 mai à Strasbourg, sur l’action de l'UE pour le traitement et la prévention des maladies telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires et la rougeole, la Commission européenne a confirmé qu’elle allait « évaluer et réviser la législation européenne sur le tabac afin de permettre à chaque patient atteint de cancer d'accéder à des diagnostics et des traitements de haute qualité ».
L'eurodéputée Tilly Metz (Verts/ALE, luxembourgeoise) a plaidé elle aussi pour une révision urgente de la législation de l'UE sur le tabac, y compris les règles fiscales. Récemment, seize États membres ont appelé à une révision de ces règles : augmentation des taxes, interdiction de la publicité, y compris pour les nouveaux produits tels que le tabac chauffé ou les cigarettes électroniques (EUROPE 13607/4).
Selon Aurelijus Veryga (CRE, lituanien), il sera essentiel, lors de la révision de la directive sur le tabac, de « gérer le flot de nouveaux produits, tels que les cigarettes électroniques, qui ont déjà envahi l'Europe ». Selon lui, l'UE dispose de « suffisamment de données montrant qu'elles ne résolvent pas les problèmes de santé, mais en créent de nouveaux ».
Par ailleurs, la Commission a indiqué que les États membres allaient mettre en place cette année un réseau européen de centres de lutte contre le cancer, dans le cadre d'une action conjointe financée à hauteur de 90 millions d'euros.
Biotechnologies. Le commissaire Costas Kadis a souligné que la biotechnologie « pourrait nous aider à mieux identifier les maladies, à renforcer la prévention, à développer des médicaments de plus en plus personnalisés et à proposer de nouvelles méthodes pour concevoir, tester et administrer des traitements ». Mais, selon lui, l'UE n'exploite pas encore pleinement le potentiel des biotechnologies. Les entreprises européennes ne sont pas suffisamment compétitives et rencontrent trop d'obstacles pour transformer des idées en produits. C’est pourquoi la Commission proposera une législation européenne sur les biotechnologies, destinée à aider les entreprises à passer du laboratoire à l’usine, puis au marché.
Plusieurs eurodéputés, dont Vlad Vasile-Voiculescu (Renew Europe, roumain), se sont inquiétés de la recrudescence des cas de rougeole. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Roumanie est en tête du classement des cas de rougeole signalés en 2024, avec plus de 30 000 cas. Les pays suivants sont le Kazakhstan, la Russie, l'Azerbaïdjan et le Royaume-Uni.
Tomislav Sokol (PPE, croate) a estimé que la prochaine étape consiste à « adopter un plan européen pour les maladies cardiovasculaires » avec des objectifs clairement définis, un financement concret et un calendrier précis pour sa mise en œuvre. Parmi les autres demandes de M. Sokol : un plan européen pour les maladies rares et un plan européen concret pour les maladies neurologiques, y compris les maladies mentales.
Pour Christophe Clergeau (S&D, français), la priorité est la mise en place d'un programme pour la santé mentale et pour la santé des femmes. Par ailleurs, il a préconisé un programme législatif sur l'alimentation « pour combattre les pratiques et les produits dangereux, mieux informer les consommateurs et interdire la publicité pour la malbouffe ». (Lionel Changeur)