Les eurodéputés se sont opposés par 373 voix contre 150 et 10 abstentions au projet de décision d'exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87705 x MON 87708 x MON 89788, jeudi 8 mai, en session plénière du Parlement européen.
Le Parlement objecte régulièrement à ces projets d'autorisation d'OGM, sans être entendu par la Commission européenne. La veille, mercredi 7 mai, les eurodéputés avaient organisé un débat sur la « légitimité démocratique et le maintien par la Commission de l'autorisation d'organismes génétiquement modifiés malgré les objections du Parlement ».
Lors de cet échange, Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) avait résumé la situation en ces termes : « Le Parlement s’est opposé 84 fois à l’importation de maïs – et surtout de soja – génétiquement modifiés. Au Conseil, aucune majorité qualifiée n’a été atteinte. Et pourtant, la Commission a balayé toutes ces préoccupations d’un revers de main (...), comme si ce que dit le Parlement n’avait aucune valeur ».
Le son de cloche a été le même du côté de La Gauche et du CRE. Nikólas Farantoúris (La Gauche, grec) a estimé que la santé des citoyens européens est une question « trop importante » pour que les décisions se fassent « à l'encontre » de la volonté de ses représentants. « Nous ne pouvons plus tolérer l’importation d’aliments et d’organismes génétiquement modifiés interdits en Europe », a dénoncé Paolo Inselvini (CRE, Italien).
Esther Herranz Garcia (PPE, espagnole), quant à elle, n'y voit pas un manque de légitimité démocratique, mais plutôt « un manque de respect [de la part des parlementaires] envers les avis scientifiques de nos agences indépendantes » européennes (EFSA et ECHA).
Présent lors des débats, le commissaire européen à l'Agriculture, Olivér Várhelyi, a confirmé que la Commission suivait les décisions rendues par ces agences : « La Commission estime fermement qu’elle ne dépasse pas ses compétences d’exécution lorsqu’elle accorde des autorisations sur la base d’un avis favorable de l’EFSA montrant qu’il n’y a pas de risques pour la santé humaine ou animale ni pour l’environnement ». (Florent Servia)