Au retour d’une visite menée en Ukraine du 17 au 21 mars, Michael O’Flaherty, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, a appelé, mardi 25 mars, à « mettre les droits humains au centre de tout processus de paix ».
« Les engagements de l’Ukraine en matière de droits humains devraient servir de base à la reconstruction et au redressement », a-t-il déclaré en insistant sur « l'importance d'aider l'Ukraine à assouplir les restrictions aux droits humains lors d'une éventuelle sortie de la loi martiale » et appelant les États européens à combler le déficit de financement lié au gel de l’aide américaine sur les projets humanitaires et de défense des droits de l’homme en Ukraine.
Pour lui, le respect des droits humains doit être au cœur de toute planification de retour volontaire des millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et des réfugiés.
Il appelle aussi la communauté internationale à renforcer la surveillance de la situation des droits humains dans les territoires ukrainiens occupés, réclame la libération des prisonniers de guerre et des civils ukrainiens détenus en Russie ainsi que le retour des enfants victimes de disparitions forcées.
Autant de points « essentiels à une paix juste et durable ».
Par ailleurs, Michael O’Flaherty apporte son soutien au Registre des dommages de la guerre en Ukraine, créé par le Conseil de l’Europe ainsi qu'aux travaux visant la création d’un tribunal spécial pour crime d’agression et aux enquêtes menées par la Cour pénale internationale (CPI).
En ce qui concerne les compensations liées au Registre des dommages, il « prend note avec intérêt » des discussions en cours sur l’utilisation éventuelle des avoirs russes gelés.
Réaffirmant que « l’agression continue de la Russie contre l'Ukraine constitue une attaque contre l'Europe tout entière et contre les valeurs fondamentales partagées par tous les membres du Conseil de l'Europe », le Commissaire relève que « la voie d'adhésion à l'UE comporte des obligations en matière de droits de l'homme, comme tout accord de paix, et que ces deux importants engagements devront être harmonisés et recoupés ». (Véronique Leblanc)