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Bulletin Quotidien Europe N° 13544
POLITIQUES SECTORIELLES / RÉgions

Raffaele Fitto prône une politique de cohésion « renforcée et modernisée » pour l'après-2027

L'attribution, pour la première fois, du portefeuille de la Politique de cohésion et des Réformes à une vice-présidence exécutive de la Commission européenne, est « une reconnaissance du fait que l'Europe ne peut aller de l'avant sans une forte cohésion », a déclaré, jeudi 12 décembre à Bruxelles, Raffaele Fitto, nouveau vice-président exécutif de la Commission titulaire de ce portefeuille.

L'apparition de M. Fitto lors de cette réunion commune de la commission du développement régional (REGI) du Parlement européen et de la commission de la politique de cohésion territoriale et du budget de l'UE (COTER) du Comité européen des régions (CdR) était très attendue. D'une part car il s'agissait de la première intervention publique du nouveau vice-président exécutif après les auditions des nouveaux commissaires et, d'autre part, car les eurodéputés et les élus locaux et régionaux espéraient des paroles fortes après les projets controversés envisagés au sein de la Commission sur une centralisation de la politique de cohésion (EUROPE 13534/4).

« Nous avons été plutôt rassurés par ses propos sur le rôle central des régions et des villes, mais une politique de cohésion avec les régions en son centre ne veut pas dire une politique de cohésion avec des régions qui se contentent de gérer », a ainsi résumé Isabelle Boudineau (PES, française) du CdR (voir EUROPE 13529/8 sur les avis du CdR sur l'avenir de la politique de cohésion). 

M. Fitto a parlé du besoin d'une politique de cohésion et de croissance modernisée, au centre de laquelle se trouveront les régions. « La politique de cohésion doit conserver un rôle central dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et être correctement financée. Elle doit être mieux alignée sur les priorités de l'Union tout en préservant ses principes fondamentaux d'approche locale, de gouvernance à plusieurs niveaux et de partenariat », a ainsi défendu M. Fitto.

Il a rappelé aussi que la présidente, Ursula von der Leyen, s'est engagée à injecter des liquidités dans le secteur du logement. « La politique de cohésion y contribuera en aidant les États membres à doubler les investissements de cohésion prévus dans le domaine du logement abordable ». Le vice-président exécutif a aussi prôné une politique de cohésion « renforcée et modernisée » pour l'après-2027. La politique de cohésion est appelée à réduire les disparités et à soutenir les priorités européennes (transition verte et numérique...)

M. Fitto a retenu des priorités à la lecture du 9e rapport sur la cohésion : simplifier le mécanisme de mise en œuvre, se concentrer davantage sur la performance, permettre aux autorités régionales et locales de gérer les fonds de manière plus efficace, renforcer les capacités administratives et, « bien sûr, accroître la flexibilité afin de mieux réagir aux nouvelles situations et aux crises inattendues, tout en conservant un cadre stable et à long terme ».

Tout en reconnaissant la nécessité de simplifier davantage la politique de cohésion, eurodéputés et élus locaux et régionaux se sont opposés à toute centralisation éventuelle à l'avenir. Ils ont appelé à la préservation des 'principes d'or' de la politique, tels qu'une gestion partagée entre les autorités européennes, nationales et locales et une approche basée sur le lieu.

Pour Emil Boc (PPE, roumain), président de la commission COTER, lorsque l'on parle de politique de cohésion, il n'y a pas de bénéficiaires ou de contributeurs nets, mais uniquement « des gagnants nets ». Selon lui, la politique de cohésion est plus nécessaire que jamais. 

Adrian-Dragoş Benea (S&D, roumain), président de la commission du développement régional du PE, a défendu une politique de cohésion forte et mieux financée. Selon lui, la politique de cohésion ne peut être ni affaiblie ni excessivement centralisée et ses objectifs à long terme ne doivent pas être compromis. Dans le même temps, il convient de renforcer l'adaptation au changement climatique et les politiques de logement et préparer l'élargissement. « Il est indispensable de disposer d'un budget adéquat pour tout cela ».

Certains participants ont regretté que M. Fitto soit parti avant le débat, juste après son intervention devant les eurodéputés et les élus locaux (EUROPE 13532/6). 

Lien vers le discours de M. Fitto : https://aeur.eu/f/es6  (Lionel Changeur) 

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