Les dirigeants européens n’ont pas attendu les résultats finaux pour féliciter le candidat républicain Donald Trump pour son élection en tant que 47e président des États-Unis, mercredi 6 novembre. Il prendra ses fonctions le 20 janvier 2025.
Dans un communiqué, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a « chaleureusement » félicité M. Trump, se réjouissant de travailler à nouveau avec lui « pour faire avancer un programme transatlantique fort ». « L’UE et les États-Unis sont plus que de simples alliés. Nous sommes liés par un véritable partenariat entre nos peuples (...). Ce lien est profond, enraciné dans notre histoire commune, notre engagement en faveur de la liberté et de la démocratie et nos objectifs communs de sécurité et d’opportunités pour tous », a-t-elle rappelé.
Poursuivre la coopération économique. Mme von der Leyen a appelé à travailler ensemble à un partenariat transatlantique « qui continue à être bénéfique pour nos citoyens ». « Des millions d’emplois et des milliards de dollars en échanges commerciaux et en investissements de chaque côté de l’Atlantique dépendent du dynamisme et de la stabilité de nos relations économiques », a rappelé la présidente de la Commission européenne.
Les Européens s’inquiètent d’une possible guerre commerciale avec les États-Unis. Pendant la campagne, le candidat républicain a qualifié l’UE de « mini-Chine ». « Les Européens ne prennent pas nos voitures, ils ne prennent pas nos produits agricoles, ils ne prennent rien. Il y a un déficit de 312 milliards de dollars avec l'UE. L'UE est une mini - mais pas si mini que ça - c'est une mini Chine », a-t-il déclaré lors d'une interview. Il a répété que, pour lui, « 'tarif' est un très beau mot ».
Selon le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, « cette élection sera déterminante pour toutes les régions du monde, y compris l’Ukraine et le Moyen-Orient, où la sécurité mondiale est menacée ». Pendant la campagne, M. Trump avait promis de régler le conflit en Ukraine en 24 heures s'il était élu. « Par le biais de sa politique étrangère et de sécurité commune, l’UE n’épargnera aucun effort pour maintenir des relations dynamiques avec les États-Unis. Dans le même temps, l’UE poursuivra ses efforts pour promouvoir ses responsabilités stratégiques, de la sécurité et de la défense au climat, afin de construire une Europe forte et souveraine », a promis M. Borrell.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, a rappelé que l’UE et les États-Unis entretenaient « une alliance durable et un lien historique ». « En tant qu’alliés et amis, l’UE se réjouit de poursuivre sa coopération constructive », a-t-il expliqué sur X, tout en ajoutant que l’UE poursuivrait sa route « conformément à l’agenda stratégique en tant que partenaire fort, uni, compétitif et souverain, tout en défendant le système multilatéral fondé sur des règles ».
Même son de cloche pour le président français, Emmanuel Macron. Après un entretien avec le chancelier allemand, Olaf Scholz, il a promis, sur X, qu'ils allaient « œuvrer pour une Europe plus unie, plus forte, plus souveraine dans ce nouveau contexte. En coopérant avec les États-Unis d’Amérique et en défendant nos intérêts et nos valeurs ».
« L'Europe est prête. À coopérer pour relever des défis géopolitiques sans précédent. À maintenir un lien transatlantique fort, ancré dans nos valeurs communes de liberté, de droits de l'homme, de démocratie et d'ouverture », a souligné la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, dont le pays assume la présidence du Conseil de l’UE, estime que l’« énorme » victoire du candidat républicain est « le plus grand retour de l'histoire politique américaine ! », « une victoire bien nécessaire pour le monde ! »
L'OTAN importante pour la sécurité des Américains, rappelle M. Rutte. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, s'est réjoui de travailler à nouveau avec M. Trump « pour faire progresser la paix par la force au sein de l’Alliance ». « Grâce à l’OTAN, les États-Unis comptent 31 amis et alliés qui contribuent à faire progresser les intérêts américains, à multiplier la puissance américaine et à assurer la sécurité des Américains », a rappelé M. Rutte dans son communiqué, alors que M. Trump s’est montré critique à l’égard de l’Alliance.
Le secrétaire général a précisé que les deux tiers des Alliés consacraient désormais au moins 2% de leur PIB à la défense et que les dépenses et la production de défense étaient en progression dans toute l’Alliance. Lors de son premier mandat, M. Trump avait fait du respect des 2% son cheval de bataille. Plus récemment, il a menacé de ne pas défendre les Alliés qui ne dépenseraient pas assez en défense.
L'UE préparée. Le résultat des élections américaines sera discuté lors du dîner du sommet informel des dirigeants européens, jeudi 7 novembre à Budapest (voir autre nouvelle). Le sujet a également été abordé par les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE, mercredi matin. Un diplomate européen a voulu se montrer rassurant, précisant n'avoir « vraiment pas » ressenti « d'ambiance de 'gueule de bois' », car l'UE et les États membres étaient « très bien préparés ».
De son côté, le porte-parole de la Commission européenne, Eric Mamer, a expliqué que l'institution s'était préparée au résultat du scrutin américain, quel qu'il fût. Ces préparatifs ont porté sur « les différents domaines politiques qui peuvent affecter dans l'UE en termes de politiques qui pourraient être mises en œuvre par le nouveau président et la nouvelle administration », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)